Terres de Nauze

Oui, le bureau de poste de Belvès fut inauguré par Gaston Monnerville, personnage d'exception.

 

 

 

Tout à fait surprenant, à peine le questionnement en place sur le nom du personnage en vue qui présida l'inauguration du bureau de poste, il y a environ 70 ans, deux abonnées de ce blog, Marie-France et Marie-Jo, ont spontanément  dit qu'il s'agissait de Gaston Monnerville.

Il faudra attendre que le "déconfinement" permette d'aller faire des recherches dans les P.V. du conseil municipal, pour situer précisément la date de ce déménagement. Les deux réponses spontanées et exactes furent surprenantes car, en faisant le tour de la localité, personne n'avait le moindre nom sérieux à proposer. 

 Illustration.

 

 

Qui était Gaston Monnerville. Gaston Monnerville, né le 2 janvier 1897 à Cayenne et mort le 7 novembre 1991 à Paris, est un homme d'État français. Il est député de la Guyane de 1932 à 1940, sous-secrétaire d'État aux Colonies de 1937 à 1938, président du Conseil de la République de 1947 à 1958 et du Sénat de 1958 à 1968.

Ce petit-fils d'esclave eut un parcours qui fut plus que méritoire. Pierre Merlhiot, dans un commentaire récent, souligna l'excellence de ce défenseur de 14 Guyanais à la Cour d'Appel de Nantes, en 1931, lors de l'affaire Galmot. L'acquittement général était loin d'aller de soi.

Ce docteur en droit fut aussi un homme d'État remarquable en montant au plateau, présidence de la chambre haute du Parlement.

 

Ce brillant avocat, parfaitement agnostique, prit part à la Résistance. Il représenta au Parlement, tour à tour, sa terre natale de Guyane et le Lot.

Il ne fait aucun doute qu'en 1953 Gaston Monnerville aurait pu être le candidat idéal pour la présidence de la République. Le conformisme stupide fit que les décideurs ont préféré s'embourber dans un long feuilleton à 13 épisodes.

 

Une erreur passée dans le domaine public devient une vérité historique.

 

Forfaiture, le mot fut lâché. Gaston Monnerville passa pour un des rares personnages politiques qui, à l'exception des élus communistes, osèrent dire non au Général de Gaulle. Laissez-moi vous dire que la motion de censure, [celle de 1962] m’apparaît comme la réplique directe, légale, constitutionnelle, à ce que j’appelle une forfaiture. (Applaudissements) "." Forfaiture ", le mot était lancé. Comme on le voit, Monnerville visait expressément le Premier ministre, Georges Pompidou. Il l’accusait de couvrir, par son silence, la fiction selon laquelle il aurait, Premier ministre, proposé lui-même le référendum.

" Dans une allocution télévisée, le Président de la République avait dit : " J’ai le droit ! ". Avec la haute considération due à ses fonctions, mais avec gravité, avec fermeté, je réponds : " Non, monsieur le Président de la République, vous n’avez pas le droit. Vous le prenez ! ".

Qui se souvient de l'affichage de ce fait rarissime. Le discours du président Monnerville, décidé par la Haute-Assemblée, fut en place dans toutes les mairies de France. Le Général remportera le référendum, avec 62 % des suffrages, et le Conseil Constitutionnel, saisi par Gaston Monnerville, se déclara incompétent.

 

Pourquoi l'exécutif belvésois invita Gaston Monnerville à honorer ce modeste bureau de poste. Gaston Monnerville était conseiller général du petit canton lotois de Souceyrac, canton presque éphémère, il ne dura que de 1949 à 2015, il présida l'assemblée départementale de 1951 à 1970. Il était conseiller de la République du Lot.

L'épouse du président du Conseil de la République, assemblée qui fut transformée en sénat, avait un pied-à-terre en Périgord, au Moustier, ce qui a fait que, naturellement, on a pensé à lui pour cette inauguration.

 

Qui était en place à la poste de Belvès. Pour l'heure, personne n'a de souvenance du nom du receveur. S'agissait-il d'un fonctionnaire qui prit le relais de X. Despont, le receveur de l'époque de la guerre [complice actif de la Résistance] ou d'un intérimaire. Pour le personnel des guichets, il y avait trois dames Éva Rouet qui devint Brisse par mariage, mais ne fit pas carrière à Belvès ; Yvonne, Marie-Louise dite Mini, Malange et X. Daniel, une autre postière au passé de résistante. Parmi les facteurs, le populaire Père Chapeyrou, ancien vaguemestre de la Guerre de 14, terminait sa carrière.

 

Le bureau de Belvès rénové accueillit, par la suite, un nouveau receveur Pierre Sarthou, un Béarnais, le grand-père maternel de notre ami Bruno Marty. Il venait d'Argentré-Duplessis, localité des Marches de Bretagne, et qui, après un séjour biennal belvésois, fut promu à Castelsarrasin, seconde localité tarn & garonnaise. 

 

 

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22/04/2020
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