Terres de Nauze

Le printemps des poétesses

 

 

 

Un beau moment de poésie 

 

La poésie, c'est une manière de jouer avec les mots.

 

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La poésie est un genre littéraire très ancien, aux formes variées, écrites généralement en vers mais qui admettent aussi la prose, et qui privilégient l'expressivité de la forme, les mots disant plus qu'eux-mêmes par leur choix et leur agencement. La poésie remonte donc à l'antiquité ; "poésie" vient du mot "poiêsis" qui, en Grec antique, signifiait tout type de création, manuelle ou intellectuelle. Aristote dans la "Poétique", en réduit l'usage à la représentation du réel, ou mimésis, obtenue par des moyens langagiers ...


Laissons-nous aller  et arrêtons-nous sur le Quatrième concours de poésie ~ Édition 2018/2019 ~ , organisé par Au fil de la trame, en partenariat avec le Photo Club de Beaumont et Bastides.

Florence Darignac,

présidente de l'Association Au Fil de la trame

 

 

C'est notre amie Dominique-Jacqueline Desplain qui, le 30 mai, a obtenu le premier prix, catégorie adulte avec son lyrisme porté par la lettre O. Cet enchantement a été traduit en occitan par notre ami le majoral Jean-Claude Dugros.

On a l'habitude de considérer qu'une traduction fait souvent perdre un petit rien au texte dans son idiome initial. Là, en découvrant la version de Jean-Claude, cette Ò, en occitan, non seulement ne s'est pas modifiée mais,  plus encore, elle s'est embellie.

 

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 Dominique-Jacqueline Desplain et Jean-Claude Dugros

 

 

 L'eau

 

O

 

Elle serpente et rampe dans les prés

Ou se fracasse sur les rochers

Si pure ou si polluée

Si calme ou déchainée

 

Fragile, elle est rosée

Utile quand c'est l'ondée

Effrayante, orages ou giboulées

Terrifiante dans ses excès

 

On la prie quand elle est rare

On la maudit pour ses écarts

En abondance c'est de l'or

En absence c'est la mort

 

Trois voyelles pour un seul O

Si petit mot pour de grands maux

Si transparente que soit l'eau

Elle tient nos vies entre ses flots.

 

Dominique Desplain

 

Ò

 

Serpateja e se rebala dins los prats

O s'espotis suls ròcs

Tan canda o tan corrompuda

Tan suausa o tan descabestrada

 

Fragila, es rosada

Utila quand es ramada

Espauruganta, auratges o marcejadas

Esglasianta din sos exèsses

 

La prejam quand es rara

La renegam per sos escarts

En abondància quò es de l'òr

En abséncia quò es la mort

 

Tres vocalas per un sol ò

Tan pichon mot per de grands mals

Tan transparente que sià l'aiga

Ten nòstras vidas entre sas ondadas

 

Traduit en occitan par Jean-Claude Dugros

 

 

 

 

Nous nous réjouissons tous, du succès mérité de Dominique ; et, il faut noter que "l'emblavure poétique" de cette avenue Claude Boucherie [route du stade] est bien préparée car Manon, cette année, a déjà présenté sa poésie de qualité. Sans avoir de prix elle mérite tous les encouragements. Le jury a certainement dû trouver à sa muse juvénile, un fort beau lyrisme. Gageons que ce n'est qu'une partie remise.

   

 

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 Le jaillissement de l'eau à "La Pibolada". Photo © Bruno Marty

 

 

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Dans les pas de Dominique, sa mère, Manon s'est naturellement emparée de la fibre poétique.

 

Manon poursuit ses études supérieures dans la seconde ville de la Nouvelle-Aquitaine. Elle aspire, son cursus universitaire bouclé, à devenir professeur des écoles, ambition ô combien "palpitante" et sympathique, que nous souhaitons tous qu'elle atteigne.

 

Sa sensibilité la motive sur la thématique de la dette aux générations précédentes. Elle prend part, depuis l'an dernier, à cette mission de passeuse de mémoire où elle excelle, par sa détermination et sa merveilleuse diction.

 

Manon, proche des merveilles de la nature, est fascinée par ce chantier permanent qui permet à la vie de s'affirmer par le jaillissement de l'eau et son écoulement, pour que cette inlassable fée qui s'invite un peu partout, soit perçue comme la toute petite fille qui sait devenir déesse dans ses aventures. Son ode à l'eau est tout simplement une supplique craintive et admirative à cette puissance indispensable à la vie.

Manon Desplain-Bossemeyer,

étudiante

 

 

Ô toi ma douce, Ô toi mon eau

Toi qui fais flotter mon bateau

Et de tes gouttes sur ma peau

Tu rends mes jours d'autant plus beaux,

 

Emportant tous mes sombres maux. 



Pourquoi ne coules-tu donc pas

Sous la terre sèche d’Ama

Mendiante quand tu n'es pas là

Sur ses joues brunes, son émoi 



Fait glisser des perles de toi. 



Cesse de faire ta capricieuse

Abreuve ces vies si précieuses

Voies donc ces jeunes amoureuses,

Le teint malade, les joues creuses

 

De leurs larmes elles sont conteuses.

 

Par sa force qui t’importune

Brassant tes mers et lacs, Neptune

Trouble le reflet de la lune

Te destituant de ta fortune

 

Mille vagues ne faisant plus qu’une.

 

Ô toi ma douce, Ô toi mon eau.

 

 

 

 



06/06/2019
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