Terres de Nauze

Bon anniversaire Jean.

 

À l'heure où je préparai ce papier, certainement pour souhaiter un bon anniversaire à un vieux condisciple mais aussi, et plus encore, pour affirmer ma sympathie indéfectible à l'idéal des républicains espagnols, idéal qui demeure hélas traumatisé, mutilé et sacrifié par une monarchie cléricale installée par un tyran, j'étais loin de penser que, de l'autre côté des Pyrénées, le terrorisme d'essence "islamique", une fois encore, était en train d'affirmer sa barbarie cruelle et machiavélique. Le lectorat de ce blog, manifestement, se doit de s'associer à l'émotion que cette cruauté belliciste stupide et sans nom, impose au monde pacifique.

 

 

 

 

Ce mois d'août-là fut terrible pour la grande marche de l'humanité. Par deux fois, la plus grande puissance du monde est devenue comptable de deux génocides en s'en prenant à plusieurs centaines de milliers d'innocents, pour affirmer sa suprématie sur la planète. Ses partisans soutiendront, sans trembler, qu'ainsi ils ont  évité la poursuite de la guerre. La vérité, [existe-t-il une vérité objective !], semble tout autre... les émissaires de l'Empire du Soleil Levant avaient déjà émis les signaux de leur reddition.
 
Ce 19 août, notre Périgord en est au premier anniversaire de sa Libération.
 
Ce 19 août-là,  c'est en Asie que l'on situe les temps forts de l'actualité. Le Việt Minh, mené par Hô Chi Minhprend le pouvoir à Hanoï. Les partisans du Việt Minh estiment que, pour le peuple vietnamien, la Révolution d'Août - 19 août 1945 - constitue le plus grand événement historique du XXème siècle, car il a accouché d'une démocratie, affirmé les droits de l'homme et traduit les aspirations de la nation. La Guerre civile chinoise, enfin, s'essouffle. Mao Zedong et Tchang Kaï-chek se rencontrent à Chongqing pour discuter d'une fin des hostilités entre Communistes et Nationalistes.
 
Beaucoup plus proche de nous, c'est sur les reliefs de Veyrines-de-Domme que Jean Vilafranca devient le quatrième enfant d'une famille douloureusement interpellée par l'histoire. Les Vilafranca, comme des centaines de milliers d'autres, ont été les victimes des hordes fascisto-cléricalo-monarchistes qui, cyniquement et cruellement, ont massacré une République installée par la seule voie démocratique, celle du suffrage universel. Ces cohortes ont concouru aux atrocités  haineusement conçues et voulues par les sinistres dictateurs de cette époque.
Asancion Égéa Alcaziniz-Vilafranca venait, donc, en Périgord, de mettre au monde Jean. Ce dernier devenait le cadet de Robert, de Nuria, à Belvès on avait francisé en disant Nourry, de  Mercédes, ce joli prénom nous amenait dans l'œuvre romanesque d'Alexandre Dumas, et d'Éléazard, pour faire simple nous disions Babeth. Henri et la benjamine Marinette, qui ne sait rompre avec son passé belvésois, ont complété cette riche fratrie. On peut noter la belle composition de prénoms où l'on trouve un harmonieux assemblage culturel trans-pyrénéen.
 
Quelques mots sur ce sympathique couple ibérique. Le Catalan Napoléon, prénom bien insolite pour un ardent républicain barcelonais, plus démocratiquement ses amis progressistes usaient d'un sympathique Enrique, avait épousé Asancion, une Aragonaise d'Alcañiz, seconde cité, chargée d'une longue histoire, de la province de Teruel. Cette ciudad baigne sur les rives du Guadalope, affluent de l'Ébre. Alcañiz, singulièrement, fut la province éphémère qui unifia brièvement la région historique du Bas-Aragon. C'était après l'incursion des  troupes françaises commandées par Louis-Gabriel Suchet qui défit, [es qualité de vassal d'un tyranné en Corse, chantre de l'ingérencefutur restaurateur de l'esclavagecynique conquérant, avide d'orgueil, de démesure et de pouvoir non partagé], la Résistance espagnole conduite par Joaquin Blake y Joes.
 
Une histoire dramatique, bien plus tard, a brisé le cursus de ce brave Napoléon barcelonais qui, lui, n'aspirait pas du tout à fomenter un coup d'état contre la République, bien au contraire, mais plus prosaïquement et humainement, souhaitait devenir un prestataire de santé.
L'exode douloureux des Vilafranca [Qu'il est amer le pain de l'exil! Virgile Barel, député P.C niçois, doyen de l'Assemblée nationale 1973] les a conduit là où Napoléon-Enrique trouvait du travail. Ce fut dans le bassin minier de Merle qu'ils ont implanté, pour quelques années, leur foyer. N'oublions pas que la vie de ces braves républicains espagnols fut loin d'être l'écoulement d'un fleuve tranquille.  La Libération venue, l'activité minière de Merle a cessé et les Vilafranca arrivèrent à Belvès pour plusieurs décennies laborieuses.
 
Une implantation belvésoise. C'est là dans cette sévère rampe de Foncastel, à l'intersection de la venelle de Barbe de la Moissie,  Barbe passe pour avoir été une bienfaitrice du vénérable hôpital local, que j'ai connu les Vilafranca quand Jean et moi étions en culottes courtes. Lors des périodes chaudes, quand nous étions assoiffés, nous allions actionner la superbe borne-fontaine qui trônait dans cette rampe foncastelloise pour nous rafraîchir. Quand elle fut soustraite, personne n'a songé à conserver cette magnifique pièce qui aurait pu servir de repère sur notre passé. C'est je crois, à cette époque que, pour une raison qui m'échappe totalement, nos camarades avaient affublé Jean du sympathique et éphémère surnom de Coquet.
 
Anniversaire Jean Vilafranca
 
Un pan des remparts de Belvès. Image Google.
 
 
Nous avons ensuite connu les hauteurs des remparts. Dans ces vieux murs, certains d'entre nous, ceux qui avaient le vent en poupe, ont pris leur envol pour amorcer de brillantes carrières et, pour certains, accéder à l'élite!.
Que c'est loin tout cela. N'est-ce-pas Jean ?
 
Je sais que tu es un lecteur ponctuel de ce modeste blog et, pour son lectorat, je t'adresse tous mes vœux d'anniversaire, mais n'oublie pas... aussi vite que tu coures, tu me dois, néanmoins, le respect pour 196 jours!

 

 



19/08/2017
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