Terres de Nauze

Billet d'humeur autour du sens des mots

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour

 Image Contrepoints. org

 

Le vocabulaire, voilà un monde merveilleux. Ce recueil alphabétique nous vient de vocabularium, du latin médiéval. Cet  assemblage  des mots d'une langue, d'une science nous interpelle à chaque pas. Rousseau, en 1762, le définit comme l'ensemble de mots dont dispose une personne, Émile, éd. Ch. Wirz, p. 298).  Quand j'étais un des plus médiocres élèves qui osa se fourvoyer au cœur des remparts belvésois,  j'appréciais hautement un professeur d'exception. Jean Delbès, fin pédagogue, qui professait en histoire et géographie, se plaisait à dire que pour que les élèves s'approprient les finesses d'un cours, il fallait qu'ils comprennent le sens des mots.

 

On apprend tous les jours… ou presque. Des mots nouveaux surgissent ou d'anciens mots renaissent après un long, parfois très long, oubli. L'Homme du 18 juin, en 1968, interpella beaucoup d'entre nous avec la chienlit*. Qui, l'été dernier, maîtrisait le mot médical coronavirus ? 

Après le 26 décembre 2004, bon nombre de nos concitoyens, tout comme votre humble serviteur, découvraient le tsunami. Beaucoup, avant, disaient "raz-de-marée"… tout au moins, il me semble.

 

Il existe des mots, parfois fort simples, qui trouvent une reviviscence. La résilience, de nos jours, est revenue dans le vocabulaire courant. La résilience vient-elle de l'agitation sociale, de la réforme des retraites, des manifestations de gilets jaunes ? Son étymologie part de l'anglais resilience,  mais, plus loin encore, vient du latin resilire, rebondir, rejaillir. En physique, la résilience est la capacité des matériaux à résister aux chocs ou à retrouver leur forme initiale, après avoir été comprimés ou déformés.

La résilience sociale trouve toute sa pertinence dans le front social.

Quelques abonné(e)s de ce blog me disent amicalement, mais avec un zeste d'humour, tu nous enquiquines, je pense même à un verbe plus précis, avec "ton" vocabulaire. J'ai même le souvenir d'un ironique verbe ampoulé.

Il n'y a bien entendu rien de prétentieux dans tout cela ; mais, parfois, on ne peut faire l'impasse d'une terminologie parce qu'elle est précise et qu'aucun synonyme ne convient parfaitement. Un stand up-paddle, terme que Bruno m'a fait découvrir, est autre chose qu'une planche. Je voudrais terminer en faisant mien, le bon mot de 1968 de Jean Delacour " La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale ". Je m'astreins donc, autant que faire se peut, à ne point user  d'un vocabulaire précieux et, même si je le voulais, n'en ayant point, comment le pourrais-je !

 

* "La chienlit ", en tant que substantif féminin, est entré dans l'histoire de la politique de la France lors de son utilisation par le général de Gaulle, d'abord en août 1944 lorsque, s'adressant à Georges Bidault, pendant la descente de l'Avenue des Champs-Élysées, de Gaulle lui dit " Alors, Bidault, c'est la chienlit ! " ; puis, en mai 1968, lorsque lui est attribuée la phrase " La réforme, oui ; la chienlit, non ", qu'il aurait prononcée, d'après le Premier ministre Georges Pompidou, répondant aux journalistes à la sortie d'un Conseil des ministres.

 

 



25/02/2020
5 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 222 autres membres