Terres de Nauze

Le billet mémoriel de Françoise.

 

 

 

L'émouvante recherche de Françoise

sur les pas de sa bisaïeule

 

 



Françoise Maraval

 

 

 Françoise Maraval,

 photo D.R

 

 

Retrouvons Françoise.

 

Tout d'abord, il faut la situer. Françoise, par sa naissance, est cypriote, elle l'est également de cœur. Françoise, donc, a fait ses premiers pas dans la cité qui est considérée comme étant celle de Pierre Boissel, médecin atypique qui manipula fort bien la plume en occitan pour nous faire vivre des situations pour le moins cocasses. Françoise s'honore d'avoir connu sa descendance. Françoise, pré-adolescente, quitta son actif village tabacole de la rive droite pour accéder à l'éperon calcaire des hauteurs de la Nauze, afin de suivre son cursus scolaire secondaire avec les heures, tantôt grises, tantôt toniques, de l'internat. Là, elle fit équipe avec ses amies Yvette Marty, Yvette Lagrèze, Nicole Pelaud et, en cours, avec quelques solides gaillards, tant intellectuellement que physiquement, bien trempés et bien décidés. Citons Alain Giffault, François Roussely, J-Pierre Lalbat et le regretté Yves Roger. 

 

 

 

 

Elle promut, 50 ans après la première partie du baccalauréat, une opération de retrouvailles autour d'une table "nauzéroise", pour cimenter les attaches d'une amitié qu'il ne faut point laisser se desceller. Cette opportunité lui a, fortuitement, permis de découvrir Fongauffier-sur-Nauze, l'ascendant de Terres-de-Nauze.

 

Ce lien informatique lui permet de garder un regard quotidien sur ce bassin du Périgord qu'elle a quitté mais qui, mentalement, ne sait l'abandonner. Elle a fui, une seconde fois, vers les terres du sud pour se rapprocher de ses enfants qui vivent dans la couronne toulousaine.

Françoise est devenue la commentatrice la plus affirmée de la toute petite histoire cypriote de ce blog qu'elle suit au quotidien. Elle s'est plu dans ces pages d'affirmer son admiration pour Pierre Merlhiot qui en est le plus répétitif et lyrique chroniqueur.

Françoise nous a fait l'honneur de venir à la dernière réunion des blogueurs, ce dont nous ne pouvons que lui savoir gré.

 

Françoise, aujourd'hui, remonte le temps et nous conte l'histoire de sa bisaïeule.

 

____________

 

 

Aujourd'hui, lisons, avec respect, le billet mémoriel que Françoise a rédigé, avec l'émotion que l'on peut imaginer, lors de la recherche de l'histoire de sa bisaïeule.

 

 

ANASTASIE,  MON ARRIÈRE GRAND-MÈRE.



 

 

 

 

 

Anastasie

 

 

 

 

 Anastasie Fousal

 

Depuis ma tendre enfance, je me questionnais au sujet d'une photographie soigneusement installée dans un beau cadre juste au dessus du lit de mes grands-parents maternels.

Ma grand-mère Yvonne s'amusait de me voir intriguée et voyant que je ne posais pas de question, elle finit par me dire :   - "cette dame c'est Anastasie la maman de pépé Achille. Elle était orpheline."

Toutes ces informations inattendues ont accentué ma retenue, je suis restée sans voix et je regardais cette dame bien triste avec commisération. C'était une petite dame habillée en périgourdine avec une étrange coiffe sur la tête.
Bien plus tard, une de mes tantes m'a dit en regardant la photo :   -" c'est à elle que je dois le nez que j'ai". Anastasie avait un nez épaté, ma tante aussi.

Une autre tante, grande catholique, disait qu'elle avait reçu une éducation soignée chez les sœurs de l'orphelinat de Périgueux.

Des décennies et des décennies plus tard, j'ai commencé mes recherches en généalogie. Les archives départementales de la Dordogne (ADD), questionnées, m'ont dirigée vers les archives sur l'orphelinat. Arrivée sur place, on m'a mis entre les mains un registre de la SEULE année 1850. Il avait 20 centimètres d'épaisseur et était maintenu fermé grâce à une sangle. A l'ouverture, une odeur nauséabonde se dégageait. Je n'avais ni  masque, ni  gant.
 J'ai trouvé Anastasie à la page 353 : une double page par enfant. Elle était née aux alentours du 20 avril 1850. Une déclaration de Jeanne Durieux infirmière à l'Hospice de Périgueux :
              - " une enfant de sexe féminin trouvée dans la cour de l'hospice de Périgueux le 23 avril 1850 à 6 heures du soir, âgée d'environ 3 jours ".
Sa date de naissance officielle retenue est le 23 avril 1850. Elle a été baptisée Anastasie par l'abbé Dubois. Il lui a été donné comme nom Fousal, peut-être à cause du fichu dans lequel elle était enveloppée ???
Elle portait une chemise de calicot, un "bourrassou" de coton bleu à raies rouges, doublé de piqué, 'un serre -bras de même étoffe, un bonnet d'indienne à bandes bleues et rouges garni d'un picot noir et d'un FICHU brun à bordure blanche.

À  l'âge de trois semaines, elle a été confiée à Rose Robert, nourrice, épouse de Jean Lemonier demeurant au  "Chatinet ", commune de Creyssensac, 
jusqu'en février 1857.

 ‌Entre le 19/12/1857 et le 01/12/1863, elle est confiée à Cécilia Jéglane, épouse d'Armand Baptiste demeurant à Lacrope, commune de Cours-de-Pile, canton de Bergerac.

A partir de cette date, elle est payée.  Une partie de l'argent tombe sur un compte d'épargne.

Le 1er décembre 1863, elle est confiée à Mme de Lascoup , propriétaire à Grun .Elle est remise le 28 avril 1864.
Elle a reçu 40 francs/mois dont 10 vont sur le compte d'épargne .
Le 16 août 1864, elle est confiée à M Peraqui , propriétaire, demeurant à la Grenadière commune de Périgueux.
Elle reçoit 50 francs/mois dont 10 tombent sur son compte d'épargne .

Le 5 juillet 1865, elle est confiée à M. Groja, maître d'hôtel à Périgueux.
Malade, elle est placée au refuge jusqu'au 3 mai 1869.

Le 4 mai 1869, elle est confiée à M. Bouillet, chef de gare à Mussidan. Elle gagne 100 francs par mois dont 25 tombent sur son compte d'épargne. À partir du 4 mai 1872, elle est augmentée de 20 francs par mois, elle a atteint sa majorité depuis un an.
À partir de ses 21 ans, elle n'est plus suivie par l'orphelinat
                      
J'ai recopié le registre, on ne pouvait ni faire des photocopies , ni les photos .

 Anastasie était de très bonne constitution malgré son 1,40 m. Environ 95% des enfants inscrits sur le registre sont morts dans les 3 à 8 jours qui suivent leur inscription.

Comment est-elle devenue mon arrière grand-mère ?

 

Elle a épousé Jean Marchive en 1883 à Lanouaille, il était tailleur d'habits. Elle a eu 2 enfants, Angèle devenue épouse Lamaurelle et Achille mon grand-père. Veuve, avec son fils et sa bru, elle est venue s'installer  à Saint-Cyprien où sa fille, Angèle Lamaurelle  était déjà établie.

" Achille et Yvonne ont eu 8 enfants dont ma mère , Clèmence."

Elle est décédée le 16 juin 1927 à l'âge de 77 ans à "Montmartre" Saint-Cyprien.

 

 

Maison d\\\'Anastasie

 


La maison telle qu'elle était.

 

IMG_1528

 

 

La rue Montmartre aujourd'hui. Photo ©  Carole Vidoni 

 

Cette émouvante histoire, probablement, va toucher beaucoup de lecteurs. Si, comme Françoise, vous êtes en mesure de reconstituer le parcours d'une personne qui a pris place parmi vos ascendants, ou parmi vos proches, adressez le résultat de vos recherches à terresdenauze@gmail.com



13/08/2020
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