Terres de Nauze

Un essaim d'abeilles à La Croix

 

SAGELAT

 

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Bruno Marty, reporter-photographe, intervient dans des missions, un peu partout sur notre globe. Ses regards sur la faune et la flore font de lui, un chantre de la nature. En Polynésie, il vit, avec passion, avec les fureurs du Pacifique qui lui donnent souvent de belles frayeurs mais aussi  d'intenses joies partagées avec les résidents de ces terres bien mal connues. Sur sa planche de Stand up Paddle, il s'évertue à rencontrer, sur la Dordogne, d'autres frayeurs, surtout là où notre fleuve est hors de portée de la vie de ses riverains humains. En Périgord, il recherche tous les détails que les autochtones sous-estiment. Il a choisi comme thèmes pour ses expositions photographiques, nos collines, leurs authentiques "gariottes", leurs sentes et chemins, leurs pâtures, leurs champs et tout ce que l'on voit naturellement sans regarder.

 

Ami de notre Nauze et de ses adjacents, il se révèle être le veilleur de ces intermittents de la nature et il se met à vouloir trouver une belle noblesse discrète au Branchat qui a dessiné son vallon.

Bruno Marty

 

 

Dans son hameau de La Croix, il a été surpris, les 14 et 15 mai, par un léger bruit qui l'intriguait. Il s'est vu spectateur de la genèse d'un superbe et volumineux essaim d'abeilles. Protecteur de la vie animale, il s'est mis en devoir de trouver des partenaires pour récupérer ces travailleuses de la nature, créatures qu'il faut absolument sauvegarder. Il nous conte en images commentées, sa merveilleuse aventure des 14 et 15 mai.  

 

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Cliquez sur les images

 

 

 

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Par un bel après-midi printanier du mois de mai, nous étions dehors avec mon frère Olivier venu d’Avignon, en train d’affûter divers outils, hachette, cisailles et autre coupe-coupe, avec une meule électrique quand, une fois celle-ci arrêtée, nous percevons un bourdonnement sourd, continu et persistant, provenant du côté de la façade située à l’est de la propriété.

 

 

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À notre grande surprise, nous découvrons une nuée de plusieurs centaines d’abeilles qui tournent avec empressement, au niveau des volets en bois à demi-fermés d’une chambre du premier étage de la maison. Elles sont en train de construire un essaim entre la vitre et les volets fermés à claire-voie. Nous les laissons faire, tout en les observant au fil de l’après-midi et de la soirée.

 

 

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Le lendemain matin, une fois les volets ouverts avec précaution, nous découvrons un essaim parfaitement constitué d’un diamètre d’environ trente centimètres. Une merveille de construction.

Vers 9H15, Monique, la gentille et dynamique factrice, originaire de Villefranche du Périgord, arrive pour nous remettre le courrier. J’en profite pour l’alerter, en lui demandant si elle connaît une personne apte et susceptible de venir récupérer cet essaim.

Et ça tombe bien car elle me renseigne aussitôt, en me disant de contacter Séverine Manouvrier, une spécialiste qui s’occupe justement des abeilles et qui habite non loin de chez nous, à la Jistonie.

Nous la contactons et fixons un rendez-vous pour le soir-même vers 20h30.

 

 

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À l’heure dite, le tracteur élévateur de son mari Daniel se pointe dans la cour et va se placer sous la fenêtre. Séverine, sa femme, et Enzo, son fils, sont aussi de la partie. Tous trois sont accoutrés de pied en cap, de la tenue blanche adéquate pour ce genre de mission. Le processus étant de capturer la colonie des abeilles et la placer dans une sorte de réceptacle appelé dans la région, une "ruchette".

Pas de temps à perdre : Enzo, au volant de l’engin, active une manette et voilà ses parents qui s’élèvent tranquillement dans les airs, posés sur une sorte de petit balcon avec une grille de sécurité en fer. Ils s’immobilisent en se plaçant juste devant l’essaim.

 

 

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Daniel se saisit alors d’un vaporisateur rempli d’eau froide et commence à asperger les abeilles, afin de les engourdir un peu, tandis que Séverine prépare l’enfumoir dont les nuages de fumée auront également pour but de les calmer et de les rendre moins agressives.

 

 

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Puis, son mari approche la "ruchette" sous l’essaim en la maintenant d’une main tandis que de l’autre, il détache délicatement celui-ci et le dépose avec précaution à l’intérieur de la caisse.

 

 

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À l’aide d’une brosse douce et d’une petite pelle, il récupère les dernières abeilles qui finissent elles aussi, dans la "ruchette".

 

 

 

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L’action a été menée de main de maître, avec dextérité et rapidité. Enzo qui est resté aux commandes de l’engin, redescend aussitôt ses parents sur le "plancher des vaches".

 

  

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Je questionne alors Séverine sur la suite des opérations concernant les abeilles. Elle m’informe que celles-ci vont rester au frais, cette nuit jusqu’au lendemain soir. Puis elle rajoutera des cadres de cire dans la "ruchette"  pour, in fine, être transférés dans une ruche plus grande, d’ici deux à trois semaines environ.

Elle m’assure qu’il n’y aura pas de traumatisme pour elles. Il faudra simplement installer cette nouvelle ruche à plusieurs kilomètres de la Croix sans quoi elles chercheront à revenir dans la zone initiale de la capture.

Au moins, ces abeilles pourront continuer leur activité de pollinisatrices et  jouer un rôle essentiel au maintien de la biodiversité végétale des milieux naturels. De plus, les abeilles sauvages contribuent à la survie de toutes espèces végétales ainsi qu’au cortège de vie sauvage qui leur est associé (insectes, oiseaux, rongeurs, mammifères…)

Pour terminer, il faut savoir que les populations d’abeilles sauvages sont en rapide déclin, depuis une cinquantaine d’années et cette tendance semble s’accélérer. Les facteurs responsables sont multiples et concernant celles-ci, on peut citer le remembrement et la fragmentation des habitats.

Prenons garde aussi à l’interaction entre milieux naturel et cultivé, qui peut se révéler à double tranchant car la survie des abeilles sauvages est liée dans une large mesure, aux traitements effectués sur les parcelles cultivées. En Europe, plus de 80% des abeilles sauvages sont solitaires et pour ces dernières, les doses répandues de pesticides s’avèrent généralement létales, d’un point de vue écologique puisque les insectes contaminés n’ont pas de descendance 

 

 

 

 

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Exemple de la biodiversité végétale, rendue possible par la pollinisation par les insectes. Seules les espèces pollinisées par les insectes, présentent des pièces florales richement colorées qui sont aussi appréciées par l’Homme !

Photo © Bruno Marty

 

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L'image d'une abeille sauvage en train de butiner une fleur de pissenlit, sous le regard de deux coccinelles attentives. Puisse cette infatigable travailleuse continuer de polliniser bien des fleurs pour assurer notre avenir !

Photo © Bruno Marty

 



18/05/2019
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