Terres de Nauze

Pèlerinage sourcier (volet n° 3). Une superbe pièce patrimoniale fontainière à connaître.

 

 SIORAC-en-PÉRIGORD

 

 

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, essayons de trouver le sens de La Tute.

 

Tute : trou d'insecte, terrier, grotte où vit un animal. Petite maison sans confort. Cette terminologie occitane véhicule donc plusieurs sens.

https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Liste_de_mots_et_expressions_du_sud-ouest_de_la_France_en_fran%C3%A7ais#T

La Tute se masculinise avec le Tutal. Il semblerait qu'il ne faille pas rattacher La Tute au verbe occitan tuter qui signifie taper.

La Tute, lieu-dit sioracois, trouverait, plutôt, son sens dans le terrier ou la petite maison. Les tutes étaient des lieux de sangliers.

 

La Tute se trouve sur la rive droite de la Nauze et, bien avant que la RD 11, devenue RN puis RD avec le numéro 710, ne constitue la voie latérale à la Nauze, cette voie communale contemporaine était la voie gallo-romaine. Sur certains documents cadastraux d'antan, on trouvait la mention chemin de La Pique à Marnac. Ce chemin s'inscrivait au pied de la colline, de manière à hypothéquer le moins possible, les surfaces "nobles" de cette riche vallée.

 

La Tute se partage entre deux parties. Côté sud, ce lieu-dit, jadis meunier, lieu de triangulation sagelaco-monplaisano-sioracoise, se blottit sous les hauteurs de Pessarni. Il prolonge les Champs-Petits et fait face au creuset du Raunel. Côté nord, son microtoponyme s'enrichit en devenant La Tute Basse. Ce hameau est dominé, là, par Maison-Haute, la bien nommée, et par Pech Bracou, l'oppidum de l'autre rive. Les cyprès de cette émergence, visibles de loin, indiquent, peut-être, qu'il s'agissait d'une demeure huguenote.

  

 

En prenant le risque d'être franchement hors sujet, je manquerais au devoir de mémoire si je taisais que La Tute a connu des heures douloureuses. Pendant  la guerre, deux des siens ne sont pas revenus de captivité. Roland Andrieux, il sera honoré le 8 mai avec la dénomination d'une sente sur la rive gauche et le scellement d'une plaque à la gare. Gustave Magimel, Sagelacois par sa naissance et sa jeunesse,  lui aussi ne revint pas de captivité.

Qu'il me soit permis, par ailleurs, d'avoir une pensée pour ma grand-tante qui, tragiquement, perdit la vie à La Tute-basse, au début des années 30.

 

 

Pour mener à bien son reportage, Bruno s'est armé de gants, de bottes, de sécateurs et de son râteau pour dégager l'ouvrage obturé par la végétation et voir son écoulement qui se fraye son chemin sous le roncier.

 

 

 

Cliquez sur les images

 

 

 

 

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Ici, jusqu'en 1953, date de l'arrivée de l'eau courante dans les foyers épars sioracois, la fontaine était visitée quotidiennement par les résidents du lieu-dit de La Tute et par ceux des écarts adjacents. Par la suite, la fraîcheur des ondes a continué de faire que l'on se tournait vers ce point d'eau pour se désaltérer aux heures estivales.

La porte, dont le cadenas était bloqué depuis bien des années, a été ouverte grâce à l'obligeance et à la complicité de notre ami Paul-Marie Chaumel.

Photo © Bruno Marty

 

 

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L'eau de cette fontaine vient de l'autre côté de la voie communale mais la source a été recouverte, probablement pour éviter de la voir souillée. Il y avait aussi un lavoir de l'autre côté de cette voie communale de La Tute. Celui-ci, signe des temps, n'a pas survécu à l'arrivée des machines à laver.

Photo © Bruno Marty

  

 

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Très beau réservoir de cette fontaine heureusement conservée.

Photo © Bruno Marty

 

 

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Vue d'ensemble de l'abri fontainier et de sa vasque.

Photo © Bruno Marty

 

 

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Bruno a voulu mettre en évidence la pierre de source qu'il a dégagée de la vasque. Cette pierre perd son évident contraste de couleur dès lors qu'elle est hors d'eau.

Photo © Bruno Marty

 

 

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L'écoulement permanent de la Fontaine de La Tute part rejoindre la Nauze. Cet écoulement, d'environ 125 mètres, est le dernier tributaire pérenne de la Nauze. Il rejoint la Nauze à quelques mètres de la confluence Nauze-Valech mais ce dernier, depuis des lustres, tarit, chaque année. On croit reconnaître un pont mais il ne s'agit que d'un tronc d'arbre qui a chu.

Photo © Bruno Marty



12/04/2019
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