Terres de Nauze

La Dame Blanche mérite bien une belle grimpette sylvestre.

SIORAC-en-PÉRIGORD

Rispe

 

 

 

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Un proverbe japonais dit : “Si vous cherchez la source du fleuve, vous la trouverez dans les gouttes d'eau sur la mousse.” 

 

L'eau de cette source, limpide, fraîche et d'une parfaite transparence, servait jadis à abreuver le bétail qui se rendait ou revenait de la pâture. Quand Rémy a mis en évidence, au bord du chemin rural, cette petite merveille oubliée qui, par sa forme, ressemble fort à une huître, il a regardé si ce point d'eau avait un hydronyme historique pour le désigner. Pour l'heure, il semblerait qu'il n'y ait pas de trace d'identification. Sandrine et Rémy l'ont, tout naturellement, appelée la source de la Dame Blanche, en appui à leur demeure où, il y a quelques années, une dame blanche s'était introduite là et s'était accordé la permissivité de l'accès, profitant de l'ouverture d'un vasistas. Cette occupation ressemblait fort à celle du volatile qu'Alphonse Daudet a décrit dans "Les lettres de mon moulin".

 

 

"La Dame blanche" par Stevie B — [1], CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2555205

 

Tyto alba

 

 

L'Effraie des clochers (Tyto alba) est une chouette aussi couramment appelée chouette effraie ou dame blanche. L'espèce peuple tous les continents, à l'exception de l'Antarctique et certaines îles. C'est l'espèce de Strigiformes la plus répandue au monde.

 

Quelqu’un de très étonné aussi, en me voyant, c’est le locataire du premier, un vieux hibou sinistre, à tête de penseur, qui habite le moulin depuis plus de vingt ans. Je l’ai trouvé dans la chambre du haut, immobile et droit sur l’arbre de couche, au milieu des plâtras, des tuiles tombées. Il m’a regardé un moment avec son œil rond ; puis, tout effaré de ne pas me reconnaître, il s’est mis à faire : " Hou ! hou ! " et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière ; — ces diables de penseurs ! ça ne se brosse jamais… N’importe ! tel qu’il est, avec ses yeux clignotants et sa mine renfrognée, ce locataire silencieux me plaît encore mieux qu’un autre, et je me suis empressé de lui renouveler son bail. Il garde comme dans le passé, tout le haut du moulin, avec une entrée par le toit. Alphonse Daudet

 

 

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À Rispe, sommes-nous à la porte d'un sanctuaire !

 

Dans notre bassin de vie, quand on parle de Siorac, on pense, tout à la fois, à la Dordogne, à ses riches berges alluvionnaires et à ce bourg scellant son charme d'antan au commerce moderne qui a supplanté les boutiques du siècle dernier. Certains pensent, à la rigueur, à ce creuset adjacent qui termine l'épanchement de la Nauze. On évoque bien plus rarement ses six ruisseaux et ruisselets et ses collines qui cisèlent de merveilleux reliefs où les toponymes appellent la poésie, 

La ruralité sioracoise, au cours des siècles, a été marquée par une forte influence religieuse ; citons La Croix, Le Couvent, Bois Béni, Barthalem. Plus prosaïquement, on trouve Lastournière, champ de manœuvre des laboureurs ou lieu de tourneur, Roumegouse, lieu de ronciers, Souleillal, colline qui reçoit le soleil dès l'aurore, et tant d'autres lieudits qui façonnent le passé laborieux et paysan de cette attachante entité qui ne se limite pas seulement à sa riche vallée. La Tour de Castel Réal, vigile plus que millénaire de la vallée, et Pech Bracou, qui observe le sillon "nauzérois" et la confluence, sont les dominants de ce décor. Siorac a su se donner des odonymes qui identifient bien le passé de ce terroir avec, entre autres, le chemin des Véneries, le chemin noir, la route des Crabes Blanques et, tout récemment, ses édiles ont retenu la route des moulins.

Dans cet ensemble en lisière de Bessède, on peut découvrir des petites merveilles qui se sont laissées envahir par la végétation mais qui, cependant, séduisent les visiteurs qui pensent qu'il n'est point impératif d'aller aux Seychelles pour s'enthousiasmer en regardant le permanent spectacle de la nature.

 

 

Toujours en suivant Daudet dans "l'Installation", mesurons  la richesse du spectacle champêtre. Tenez ! pas plus tard qu’hier soir, j’ai assisté à la rentrée des troupeaux dans un mas (une ferme) qui est au bas de la côte, et je vous jure que je ne donnerais pas ce spectacle pour toutes les premières que vous avez eues à Paris, cette semaine.

 

 

Le vendredi 13 juillet, Sandrine et Rémy Bruneteau se préparaient à accueillir les amis de chemins ruraux et adeptes du patrimoine qui n'avaient pas pu, ou su, saisir l'opportunité du 23 juin, pour leur présenter le chemin de la Dame Blanche et sa petite merveille, la toute petite source qui ponctue cet escarpement. On n'attendait certainement pas une foule de passionnés mais il faut bien en convenir, ce fut un revers plus que cinglant.  Trois personnes seulement, dont votre humble serviteur, se sont rendues à ce charmant lieudit de Rispe où la nature offre, à celles et à ceux qui veulent bien l'observer avec humilité,  un superbe panorama. 

 

 

 

 

 

Qu'est ce qu'un sanctuaire.  Cela peut être un édifice religieux, un lieu saint en général, voire  une partie de l'église située autour de l'autel, où s'accomplissent les cérémonies liturgiques.

Pour les amis de la nature qui se soustraient -ou peuvent se dégager- de tous concepts mystiques, aussi respectables qu'ils puissent être, c'est un lieu protégé contre toute agression : Cette île est un sanctuaire pour les oiseaux. Si l'on se place dans une situation défensive, c'est un territoire d'importance vitale qui doit être défendu à tout prix.

C'est dans cet esprit-là que nous devrions tous nous placer, au niveau patrimonial en général et du patrimoine naturel en particulier. 

Les legs de nos aïeux, les chemins qu'ils ont créés, les édifices d'intérêt général qu'ils se sont évertués à imaginer, à bâtir et à transmettre, sont, pour une part, des sanctuaires. Le Pont du Gard est, au niveau du génie civil, à mon humble sens, au moins autant un sanctuaire du savoir-faire que les sites grandioses tels la mosquée Hassan II de Casablanca, Notre Dame de la Garde ou la basilique Westminster.

 

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Jean-Pierre apporte sa pierre à la restauration de la sente de la Dame Blanche. 

Photo Sandrine Bruneteau.

 

 

  

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Des murailles multi-séculaires appellent à la réflexion de ces valeureux paysans-bâtisseurs qui, pour constituer des planches collinaires, ont mis tout leur savoir-faire et leur courage pour valoriser les collines. 

Photo Sandrine Bruneteau.

 

  

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Jean-Pierre apprécie le travail de Rispois, on ne peut pas dire de Romain, de recherche et d'harmonie, mené par Rémy. 

Photo Sandrine Bruneteau.

 

 

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Sur l'autre  flanc, la fontaine-lavoir de Rispe, elle aussi, a fait l'objet du travail titanesque de Rémy. 

Photo Sandrine Bruneteau.

 

 

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Dans la niche de la fontaine, l'eau sourd de la roche calcaire. On imagine, avec respect, la considération que les Rispois du siècle précédent, donnaient au fluide indispensable à la vie. Photo Marie Praderie.

 

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Une muraille qui témoigne de la vie paysanne  de cette colline. Photo Marie Praderie.

 

 

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Le crépuscule va emporter vers la nuit, ce décor où l'on aperçoit les biches, les cerfs, les sangliers, en quête d'une vie où la nature leur concède encore des espaces vitaux. Photo Marie Praderie.

 

 

Qu'il me soit permis de remercier chaleureusement les hôtes accueillants de cette échappée verte, Sandrine et Rémy Bruneteau. Rémy, porteur de cette aventure écologique, surprend par le travail extraordinaire qu'il a accompli et qu'il poursuit. Merci aussi à leurs voisins et amis, Françoise et Jean-Pierre Sinico, qui se sont associés à cette opération et, au cours de cette rencontre, se sont avérés être de formidables éveilleurs pédagogiques d'une nature superbe à sauvegarder.

 

Bravo!!!



19/07/2018
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