Terres de Nauze

Norbert s'en est allé.

 

Hier matin, 25 août, un deuil, aux confins de notre Périgord et du Quercy, m'a conduit à aller saluer une ultime fois, Norbert, un vieil ami, sur ces hauteurs sylvestres où les eaux se partagent entre les bassins du Céou et de la Lémance. Il est toujours émouvant d'accompagner un défunt depuis le départ de son foyer vers sa dernière demeure. Troublé par ce mouvement, en quittant le logis endeuillé, j'ai remarqué, blottie sous les frondaisons, tout près du chemin, une discrète sépulture canine bien entretenue. Elle atteste que là, dans ces bosquets, il existe, peut-être plus qu'ailleurs, une belle complicité et une harmonie champêtre qui unissent les humains et leurs amis canins.

 

En saluant Norbert, j'ai voulu que le petit noyau, ponctuel ou assidu, de ce blog, dans ces Hauts de Lémance, puisse s'associer à l'hommage qu'une bonne centaine de personnes a rendu à cet ami.

 

 

 

Norbert Meyre était un authentique Bessois. Il naquit le 1er août 1929 au lieudit La Lacasse ; hameau qu'il n'a pratiquement jamais quitté si ce n'est pour effectuer ses servitudes militaires, d'octobre 1949 à janvier 1951. Il fut incorporé au Camp de Tanaïs, de Blanquefort, près de Bordeaux, avant de rejoindre son groupe à Poitiers.

Sa génération échappa de très peu à la guerre. Il avait tout juste 18 ans, le jour de la Libération du département et, lors de la Toussaint rouge, le 1er novembre 1954, date qui ouvrit la douloureuse scission de la France métropolitaine et de ce que l'on appelait un peu trop facilement l'Algérie française, il était revenu à la vie civile. Le contingent n'intervint pas lors des opérations militaires de ce long "septennat" de la Guerre d'Indochine.

Rentré dans ses foyers en 1951, il devint exploitant agricole dans la ferme familiale. Il mit en valeur, avec un professionnalisme cohérent, raisonnable et empreint d'une gestion parfaitement maîtrisée, sa propriété de La Lacasse. Il a su soigner, sans mutilations profondes, ses parcelles boisées bien entretenues où il s'avérait être un excellent chercheur de champignons. Son rangement de bois en cours de séchage, à nul autre pareil, relevait d'une précision géométrique notoire et signait son travail méticuleux.

Norbert, c'était surtout un humaniste aussi discret que chaleureux. Il savait néanmoins introduire, avec finesse, quelques pointes d'humour. 

Norbert s'est éteint à Belvès, le 22 août. Nombreux furent les ruraux de ce bassin de vie qu'il aimait tant, à l'accompagner au jardin du repos de Besse, après une sobre mais émouvante cérémonie.

 

Exprimons à sa sœur Josette, toute notre compassion.

 

 

 

 

 

Norbert, vers 1950, probablement à la foire de novembre, à Villefranche-du-Périgord.

 

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Demain, "La R.D. n° 54, une route forestière de sportifs et de pèlerins."

Après-demain, "Retour sur les cinq continents".

Mardi, "Le parc fongauffiérain; ce havre de fraîcheur pour les enfants du centre aéré".



26/08/2017
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