Terres de Nauze

Mais où est donc la plus haute source de la Couze ?

 

FONGALOP-lez-VIELVIC

 

 

Les vallons de Fongalop et de Vielvic, avec le plateau de Loustagne, constituent un château d'eau naturel d'où naissent la Couze, belle petite rivière adjacente à la Dordogne, elle s'identifie à la lisière occidentale de la Bessède, le Raunel et la Grille, ruisseaux du bassin de la Nauze.

 

Si la Nauze a sa source clairement identifiée, à Cabirat, c'est bien plus flou pour beaucoup de rivières et ruisseaux dont le Dropt, la Lémance, la Couze, le Raunel et la Grille.

 

Ce vendredi 24 janvier, à la mairie du Pays de Belvès, on a disserté sur la, ou les, source(s) de la Couze. 

 

 

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De cet écoulement collinaire capté sous Lespinassette, en suivant le talweg, on rejoint le Bec d'Ambès en suivant la Couze et la Dordogne. Ce talweg est reconnu, plus loin, dans ces vallons "fongalopois", comme étant le départ de la Couze. 

Son cours, estimé à 30,1 Km, doit démarrer, par là, dans ce creuset qui, à Fongalop, réunit le Pays de Belvès et la lisière capdrotienne.

La carte I.G.N. situe la genèse de la Couze, tout près de là, dans le bas-fond entre Le Pelonnier et Lespinassette.

Les anciens de Vielvic l'imaginaient sous le Bournascou. Querelle de clochers... certainement pas ! Nous retrouvons là une identification paysanne plurielle, selon la perception que nos ancêtres avaient d'un bien précieux qu'ils partageaient, a priori, paisiblement.

 

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La source-fontaine sous Ferrière, un des premiers jalons de ce talweg. 

 

Qu'est ce qu'un cours d'eau ?

 

Voilà une question simple qui appelle diverses appréciations. Tournons-nous vers le législateur pour essayer de situer qui peut avoir "droit" à la terminologie de cours d'eau et qui, par déduction, est à considérer comme fossé.

Si l'on s'en tient à l'article 215-7-1 du code de l'environnement, on considèrera qu'un cours d'eau est un écoulement d'eaux courantes dans un lit naturel à l'origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant, la majeure partie de l'année.

 

La loi n°  2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, a introduit dans le code de l'environnement, une définition des cours d'eau. Les trois critères utilisés dans cette définition, sont issus de la jurisprudence du Conseil d'État (notamment son arrêt du 21 octobre 2011, EARL Cintrat/Ministre de l'écologie, n°  334322). L'article L. 215-7-1 du code de l'environnement dispose : " constitue un cours d'eau, un écoulement d'eaux courantes dans un lit naturel à l'origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant, la majeure partie de l'année. L'écoulement peut ne pas être permanent, compte tenu des conditions hydrologiques et géologiques locales ". Ainsi, un ruisseau dont l'écoulement est intermittent, peut être qualifié de cours d'eau. Toutefois, un milieu caractérisé par un écoulement exclusivement alimenté par des épisodes pluviaux locaux, ne saurait être considéré comme un cours d'eau. L'appréciation doit donc être locale. À l'effet de clarifier le droit applicable dans chaque département, les services du ministère de la transition écologique et solidaire, se sont engagés, à la suite de l'instruction du 3 juin 2015 relative à la cartographie des cours d'eau et à leur entretien, dans un travail d'identification des cours d'eau. Cette approche pragmatique tient compte des usages locaux et des spécificités géo-climatiques.

 

Dans bien des cas, on se situe donc dans la nuance. Retenons que les trois points avancés sont la source, le lit naturel et  le débit suffisant la majeure partie de l'année. C'est donc le troisième critère qui fait débat. La Beuze, drain collinaire se glissant sous Doissat et Ste Foy-de-Belvès et le Raunel, ruisseau d'épanchement des reliefs forestiers de la Bessède, sans aucun doute, ont droit au rang de cours d'eau, même s'ils connaissent parfois des intermittences.

Au regard de la définition de l'article 215-7-1 du code de l'environnement,  soyons plus réservés pour le Valech, le Mamarel et le Neufond dont l'écoulement, hélas, a tendance à devenir de plus en plus intermittent dans certains segments et, manifestement, on aura du mal à soutenir qu'ils tiennent une majeure partie de l'année.

 

La Couze, elle, sans problème, remplit les conditions pour le lit mais pour l'écoulement, il  faut bien admettre qu'il est pérenne seulement bien en aval de Bouillac  et, en amont, connaît des périodes d'éclipse largement majoritaires.

 

Mais, alors, en réunissant les trois critères, où est la source de la Couze ?

 

Comme il n'y a pas de source franche, faisons litière de l'article 215-7-1 du code de l'environnement  et convenons qu'il y a de multiples suintements et rigoles qui, en convergeant, constituent ce que l'on pourrait définir comme étant les fonts baptismaux de la Couze. Jusqu'à l'aqueduc de franchissement sous la R.D 26, on peut dire que la Couze est une rencontre de fossés sylvestres et champêtres qui, seulement, après cette union, affirment le lit commun qui se dessine sous Les Cantaysses. Il attendra le goulet d'Astor pour devenir le net cours d'eau de la Couze.  

 

Est-ce si important de pouvoir énoncer où est la source d'une rivière qui, pour trouver son départ, a besoin de réunir de tous petits ruisselets soumis aux fantaisies de la nature.

 

Retenons que la Couze est une belle rivière qui, du château de Campagnac à sa confluence avec la Dordogne, effleure les villages de Bouillac, St Avit-Rivière et Montferrand, évite Sainte Croix, Beaumont et St Avit Sénieur, part à la rencontre de son fleuve en saluant le château de Bannes et le village de Bayac. In fine, elle donne vie au pôle papetier de Couze. Laissons sa discrète naissance aux bosquets d'où elle surgit, pour ne compter de son cheminement qu'une histoire, une belle histoire, celle... de l'agreste cours d'eau que nous aimons.

 

 

n° 2 

Sous la R.D 26, la Couze a réuni les épanchements des étangs Son lit, souvent, bien souvent, attend des jours pluvieux pour connaître une vie aquatique.

 

 

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La pérennité enfin concrétisée.

 

Photos Pierre Fabre



25/01/2020
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