Terres de Nauze

Les voeux dans le Val de la Ménaurie.

 

St Cernin de l'Herm

 

Invité pour Terres-de-Nauze par le premier magistrat saint-cerninois, à la cérémonie des voeux, j'ai écouté avec attention les doléances d'un maire qui, lors de ce rituel, a souligné combien il était douloureux pour un élu de perdre son école, l'école de son enfance, l'école de la République... Tout le reste n'était que le rapport d'une activité rurale qui, bien que très importante, n'est que l'accompagnement de la vie locale. 

 

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SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

 

Samedi 21 janvier, Daniel Conchou, maire de St Cernin-de-l'Herm, a présenté les vœux de la municipalité, à ses administrés.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'exercice philosophique du premier magistrat  fut l'occasion pour lui, de livrer ses indignations, ses fortes déceptions et ses inquiétudes.

 

 

"En cette longue période difficile que nous traversons, la commune, cellule élémentaire de notre démocratie, demeure l’institution la plus respectée des Français, car le contact entre les élus et les citoyens est direct, sans artifice ou intermédiaire, au plus près des préoccupations de chacun, dans sa vie de tous les jours.

En 2016, l’âme de notre République laïque a encore été frappée. Des femmes, des hommes libres ont été assassinés à Nice et à Saint Etienne du Rouvray, mais aussi à Berlin. Comme je le disais l’année dernière, le terrorisme doit être combattu avec force. Les valeurs fondamentales de notre démocratie doivent être préservées, notre arme pour les défendre est notre unité fraternelle."

En citant "Du bonheur et rien d’autre", il partagea un aphorisme de  Paul Éluard mais, conscient des dysfonctionnements sociétaux majeurs, il enchaîna...

"Je pourrais épiloguer longuement sur tout ce qui ne va pas ici et dans le monde : trop d’inégalités, trop de trahisons de la parole donnée, trop de guerres, trop d’injustices, trop de souffrances, trop de violences, trop d’insécurité sociale, trop d’humiliations et de manque de respect, … la liste peut être longue localement comme au plan mondial."

Il livra sa désespérance d'avoir perdu l'école de St Cernin qui a migré vers le Got et il situa le rôle majeur de celle-ci dans la collectivité.

"L’école a un rôle de socialisation ; et, c’est dans un petit groupe qu’elle se réalise le mieux à l’âge des enfants du primaire, avec d’autres critères que la domination, la compétition et la violence."

 

Conscient de l'honneur que les Saint-Cerninois lui ont fait, il situa sa conception d'élu de proximité. "Être élu, ce n'est pas une vanité, c'est souvent porter haut le sentiment du devoir accompli."

Il a défini la place des élus municipaux dans la vie de l'entité rurale. "C’est vrai que notre société est inégalitaire, ce qui fait qu’elle est souvent violente, avec les plus faibles, particulièrement. Notre rôle à nous, fidèles à notre engagement de progrès social et de justice, est de donner les mêmes chances à chacun, de bénéficier des services."

Seule allusion à la vie politique nationale : l'élu "sans-étiquette" glissa "Je souhaite aussi que collectivement, nous ne cédions pas à la résignation, ni aux replis identitaires et extrémistes proposés par certains."

Il cita Antoine Gombaud, dit le "chevalier de Méré", écrivain du 17°siècle : " Pour réparer la perte du temps passé, il faut bien employer le présent, et ne souhaiter l'avenir que pour en faire un bon usage."

Antoine Gombaud, dit le « chevalier de Méré », est un écrivain français, né en Angoumois en 1607 et mort le 29 décembre 1684 au château de Beaussais.

 

Avant de clore, il s'inspira de Jacques Brel, qui disait que "le seul fait de rêver est déjà très important."

 

Le maire a salué les nouveaux résidents et tous les partenaires qui sont associés dans la vie de la commune.

 

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Relayant Daniel Conchou, Thomas Michel, président de la communauté de communes, estima que ces intercommunalités devenaient de plus en plus grandes et il affirma que ce n'était point le souhait des élus, mais une volonté qui leur était imposée. Il précisa l'étendue des prérogatives de ces structures qui, jour après jour, dessaisissent les missions des communes.

 

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Les Saint-Cerninois tiennent à leur entité.

 

 

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La maréchaussée a profité des voeux pour présenter deux jeunes élèves gendarmes. Ces jeunes sont charmantes... ce qui ne gâte rien.

 

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Les maires de la couronne saint-cerninoise sont venus en voisins...

 

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... dont celui de la proche bastide de Villefranche.

 

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Miss, comme les années précédentes, passa de l'un à l'autre, insensible, a priori, à la problématique de survie des communes rurales.

 

 

Photos Pierre Fabre.



23/01/2017
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