Terres de Nauze

Les tout petits ruisseaux font les grandes rivières.

 

 

 

SAGELAT

 

Un ru bien discret en grande souffrance pour sa survie.

 

 

 

Le Branchat, modeste ru très intermittent de la rive droite de la Nauze, comme la majorité des cours d'eau, n'a pas de source franche. C'est plutôt un suintement progressif qui, en grossissant, constitue son départ. Après avoir pris forme, il devient le modeste ruisselet qui, pendant quelques heures, quelques jours, au mieux un trimestre, va filer vers sa confluence. De ses sources à sa jonction, il s'étire sur environ 2 kilomètres. 

Ce ruisseau qui, de mémoire de nos contemporains, n'a pratiquement connu aucun entretien, a perdu sa pérennité depuis environ un siècle. Il ne réapparaît que lorsque la croûte terrestre saturée d'humidité, ne peut plus rien absorber.

 

 

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Sous le Colombier, c'est dans une peupleraie qu'un suintement recherche le talweg.  En occitan, on désigne ces bas-fonds humides, des "sagnes". Ces "sagnes" dans certains secteurs, sont des tourbières. Existe-t-il un substantif français pour désigner ces terres des zones humides... j'avoue ne pas le connaître ! Ces bas-fonds en Wallonie s'appellent des fagnes, on ne serait pas si loin de nos "sagnes" occitanes. Cette terminologie viendrait du germain "fagna". Réduites, au nom du rationalisme et de l'hygiène des sols, on s'est rendu compte qu'en les éradiquant, c'est tout un écosystème qui est altéré. Le compromis de sauvegarde de ces lieux humides, est la plantation de peupliers ou d'aulnes, il y a bien longtemps que les aulnes d'Aulnay-sous-Bois, ont été sacrifiés par l'urbanisation. Les aulnes, localement, sont appelés les "vergnes".

Il paraît nécessaire d'épargner ces zones humides, non seulement pour préserver leur écosytème d'une richesse extraordinaire, mais aussi parce que leur disparition nous amène tout droit vers des périodes de sécheresse. En sacrifiant la biodiversité des landes de Gascogne, on a, non seulement, modifié le climat aquitain mais on a perdu une esthétique richesse patrimoniale naturelle que l'envahissement des conifères est bien loin d'avoir compensée. Les résineux génèrent beaucoup moins d'oxygène que les feuillus ; ils dégagent des rapports financiers inférieurs à ceux des châtaigniers, des robiniers, des peupliers ou même des aulnes et, surtout, ils hypothèquent les sols par l'enrésinement. La dégradation des sols, en climat tempéré, est dûe principalement à l'influence de l'humus ; mais, les propriétaires fonciers, hélas, campent sur cette fort discutable idée reçue du meilleur rendement patrimonial. 

 

Pour revenir à nos cours d'eau en grande souffrance, il est indispensable, pour préserver leur vie, de les conserver bien à l'abri de leur ripisylve. Cette nécessité impérative, aussi essentielle qu'elle soit, à elle seule, s'avère insuffisante. Photo Pierre Fabre.

 

 

Cliquez sur les images.

 

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Emerveillons-nous à la renaissance du Branchat.

 

 

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Une des sources. Photo Pierre Fabre.

 

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Le ruisselet commence à trouver sa consistance et, déjà, une première micro-cascade pointe la pente. Photo Pierre Fabre.

 

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Le talweg  se dessine sous les collines. Photo Pierre Fabre.

 

  

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La confluence est proche. Photo Pierre Fabre.

 

Saluons son union à la Nauze.

 

Confluence  la Nauze - le Branchat 01b.jpg

 

 

Ici, l'humble Branchat, à 50 mètres en aval du pont du Cra, se donne à la Nauze. Après avoir rencontré les eaux de la Dordogne à Siorac, s'être mêlées à celles de la Garonne au Bec d'Ambès, puis à l'immensité de l'Atlantique, elles vont se faire happer par le Gulf Stream, lui-même menacé par le réchauffement de la planète. N'oublions pas qu'il donne à notre Europe, son merveilleux climat. Le gyre océanique continue et le courant froid du Labrador, brrrr, repart vers le sud pour refermer la boucle. Photo © Bruno Marty. 

 

Les photos Pierre Fabre sont du 16/2/2013. La photo Bruno Marty, de la confluence, est du 24/4/2018. Impatients de voir enfin se clore cette longue période désagréable à nos yeux, "on" a beaucoup pesté contre ces précipitations printanières qui ont, par deux fois, dépassé les 50 mm. Notons que l'écoulement du Branchat devrait présenter ses ultimes gouttes printanières et tarir tout de suite après ce premier week-end de mai.

 

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Avant de clore ce blog, en novembre prochain, si les précipitations automnales le permettent, je vous présenterais le très humble ru belvéso-monplaisanais, personne, à ma connaissance, ne lui connaît un hydronyme. Encore plus intermittent que le Branchat, il sourd dans la "serre" de la Brèche. Il rejoint la Nauze au niveau du Bas de la Côte. L'un et l'autre convergent vers le cours d'eau assembleur, à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre. 

Il n'est pas certain que cette micro double-confluence soit connue de tous.

Par ailleurs, quand Bruno  sera revenu de son échappée en Polynésie, il nous présentera "sa" source adjacente au Branchat, complétée de sa vasque. Cette pièce d'eau, naturellement, est un micro-laboratoire de vie aquatique. Là, nous ouvrirons le  livre de la petite histoire du lieudit de La Croix qui nous conte un peu l'histoire du Branchat.



07/05/2018
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