Terres de Nauze

Les sources de la Pibolada et de Raunel

MONPLAISANT 

 

 Cliquez sur les images

 

 

En avant-dernière escale de ce pèlerinage sourcier, nous avons voulu poursuivre en aval de la superbe source de Fauvel ; et, nous sommes allés, dans un premier temps, à "la Pibolada", prononcer "la pioulada", et, pour terminer cette exploration bicéphale, nous avons recherché la Fontaine de Raunel. Depuis bien longtemps, elle n'entend plus le bruit des cruches sonder sa niche. Bruno tenait à dégager ces sources, de la végétation qui contrariait ses angles de vue et il faut bien reconnaître que ces deux sources, ô combien différentes tant par leur puissance que par leur implantation, méritaient bien d'être soustraites à l'oubli du temps.

 

Notre amie Jeannette, de Fonmorte, se désespérait que cette pérégrination sourcière se boucle, sans avoir mis en valeur sa petite fontaine de Raunel... eh bien, c'est fait!

 

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Premier regard, la "pibolada"

 

Localement, phonétiquement, on dit "pioulada". L'orthographie normale de peupleraie, en occitan, c'est la "pibolada".

 

 

 

 

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Elle sourd là, quasi-mitoyenne au lit de la Nauze qui, depuis bien des années, a délaissé son cours naturel pour se déverser dans le canal d'amenée du moulin de la Tute.

Photo © Bruno Marty

 

02 - Source de Pioulade à Monplaisant.JPG

 

Un arbre de sa ripisylve s'est abattu là, au-dessus de la source et pourrait laisser penser à un crocodile qui sommeille.

Photo © Bruno Marty

 

03 - Source de Pioulade à Monplaisant.JPG

 

 

Nous sommes là, béats d'admiration, devant cette source parfaitement transparente où l'on  aperçoit au fond, des pierres bicolores qui signent son originalité.

Photo © Bruno Marty

 

 

 

04 - Source de Pioulade à Monplaisant.JPG

 

 

Le phénomène de l'éruption du sol sourcier avec les cercles impulsés par le jaillissement des ondes. On perçoit, par ailleurs, l'expulsion de l'air captif, dans la croûte terrestre qui par la pression, sous forme des bulles,  se libère en remontant en surface.

Photo © Bruno Marty

 

  

05 - Autoportrait Source Pioulade à Monplaisant .JPG

 

 

Au bout du bâton, le superbe jaillissement de la "pibolada".

 

Photo © Bruno Marty

 

 

 

 

On notera que la"pibolada" est certainement la plus belle source, entièrement libre, de l'adjacence de la Nauze. 

 

 

 

J'ai découvert cette magnifique source de la "pibolada" grâce à une échappée fort juvénile. C'était un ami d'enfance, Jean-Paul Malassagne, dans notre escouade de galopins, il était -et il est encore- notre Jeannotnous l'avait faite observer, à mon cousin Jack -dit Jaky- et à moi-même. Aujourd'hui, notre Jeannot est devenu le propriétaire des parcelles de la rive droite de ce jaillissement. Qu'il soit remercié, plus de 60 ans après, d'avoir guidé nos pas vers ce petit bijou naturel.

 

 

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Second regard avec la Fontaine de Raunel. 

 

 

Raunel, c'est, tout à la fois, le nom du ruisseau, dont les sources se trouvent près de Vielvic et du Bournat, qui rejoint la Nauze au lieu-dit Raunel, lieu-dit partagé par Monplaisant et Siorac. André Delpeyrat, l'instituteur de Monplaisant des années 50, estimait que cet hydronyme désignait un petit, vraiment petit, Rhône. Jean Rigouste, un expert en onomastique hors du commun, valide cette thèse. Ce faisant, on balaye l'idée que certains, il y a bien des décennies, émettaient en partant de l'occitan "rauna". "Rauna" veut dire émettre une plainte. Les ondes du ruisseau glissent avec le bruissement typique d'un discret pleurnichement qui file, à regret, vers l'inconnue.  L'allégorie, séduisante, certes, serait discutable.    

 

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Non, nous ne sommes par sur le Garlaban, colline phocéenne qui a servi pour "Manon des sources" de Pagnol. Nous sommes bien dans ce creuset de la Nauze. L'eau, là aussi, était -et est- précieuse.  Les anciens ont imaginé, là, en limite de propriété, de veiller sur le précieux liquide en lui donnant une niche. Celle-ci avait plusieurs finalités. Il fallait faciliter la préhension de l'eau, sans la souiller, dans des cruchons et il fallait éviter aux impuretés, d'altérer sa transparence. Aux siècles qui nous précédaient, on déclarait volontiers, sans mesurer l'imprécision, une eau de source est "forcément" potable

Photo © Bruno Marty

 

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Après divers coups de cisailles et de sécateurs, la fontaine est à nouveau bien visible et son eau accessible.

Photo © Bruno Marty

 

 

 

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Quelques ultimes brins de broussaille flottent sur sa surface.

Photo © Bruno Marty

 

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On devine plus que l'on ne la voit, la rigole d'épanchement qui file vers la Nauze. 

Photo © Bruno Marty

 

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Cette échappée sourcière s'achèvera, en principe, demain, avec "La renaissance de la source et de la Fontaine du Drapier".  



23/05/2019
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