Terres de Nauze

Le pèlerinage laïque 2020 du Canadier

VEYRINES-de-DOMME

 

Le pèlerinage laïque du Canadier.

 

 

Dépôt de gerbes

 

Les enfants déposent les gerbes.

 

 

Drapx s'inclinenrt

 

Pour José Florès-Sanchez, Angel Poyo-Munoz, Augustin Crespo Quevédo et Désidério Roméro-Martinez, les porte-drapeaux inclinent leur étendard pour la sonnerie "Aux morts".

 

 

Sur ce relief collinaire veyrinois, chaque année, à la mi-mars, les Amis de la Résistance sont reçus par les édiles locaux pour rendre hommage aux quatre jeunes républicains espagnols lâchement abattus, ce matin du 16 mars 1944, par les feudataires du maréchal félon.

 

Cette manifestation, au fil des ans, semblait s'essouffler au point que l'on pouvait craindre qu'elle ne devienne plus que symbolique. Cette année, alors que toutes les manifestations posent le problème de savoir si l'on peut ou si l'on doit les maintenir, à la surprise générale, on a vu de nombreuses personnes venir là, pour la première fois.

L'ANACR confia sa prise de parole à la jeune Manon, aux racines périgordo-francillo-alsacienne, qui, du haut de ses 21 ans, confirma son rôle de passeuse de mémoire. Il n'y avait pas moins de cinq étendards pour s'incliner lors de la sonnerie "Aux morts". Parmi eux, on pouvait noter la jeunesse du benjamin de ceux-ci qui est fier, à 15 ans, de porter nos couleurs. Tout aussi fier de ses racines, Jean-Claude, il devient sexagénaire cette année, s'applique à ce devoir de fils de cette République d'Espagne, elle aussi, lâchement abandonnée et assassinée de l'autre côté des Pyrénées.

Après Manon qui, avec une diction aussi parfaite qu'émouvante, rappela ce chemin de la mémoire.  "Chaque année, nous venons au piédroit de ce mémorial de la Raze pour les malheureux héros du Canadier. Pensons à  eux comme à  des éclaireurs de la liberté souillée par les dictatures. Ayons une pensée pour celui qui eut le sort le plus tragique puisqu'il fut confié aux chantres de l'ignominie, la Gestapo nazie, qui concourut pour l'excellence dans la cruauté."

Germinal Peiro, le président du conseil départemental, qui, pour la deuxième fois, participa à ce devoir de mémoire, insista sur l'accompagnement de l'assemblée départementale sur les lieux de mémoire et dit que le site le plus adapté à cette mission, au cœur du département, proche des archives, se prête parfaitement à ce cheminement mémoriel. Il fit référence à Ralph Finkler, l'unique survivant de la tragédie du 16 mars 1944, qui, fatigué, ne put cette année, rejoindre Veyrines comme il l'a fait si souvent.

Pascal Delpech, le maire de Veyrines, accueillit là, ses collègues maires de Ste Foy-de-Belvès et de Cladech ainsi que le premier maire-adjoint de Sagelat. Pascal poursuit inlassablement la mission de tous ses prédécesseurs dont Francis Vierge qui est celui qui accompagna la restauration de la sépulture des partisans espagnols. Il insista sur l'impératif historique et remercia les porte-drapeaux et l'ANACR organisatrice de la cérémonie.

Comme chaque année, l'écoute, toujours émouvante, de la sonnerie "Aux morts" et du chant des partisans", précéda celle de "l'Hymne de Riego", hymne de la République d'Espagne, et de La Marseillaise. C'est sur L'Ode à la joiepoème de Friedrich von Schiller écrit en 1785  surtout connu comme finale du quatrième et dernier mouvement de la 9e Symphonie de Beethoven, devenu l'hymne officiel de l'Union européenne, qui appelle à l'idéal de l'unité et de la fraternité humaines que s'acheva cette cérémonie.

 

 

Yanis et Manon

 

L'ANACR est particulièrement satisfaite de voir la jeunesse s'associer au devoir de mémoire grâce à son jeune porte-drapeau et à sa lectrice.

 

Deux générations

 

Deux générations de porte-drapeaux

 

 

Manon passeuse de mémoire

 

Lecture de Manon

 

 

Peiro

 

Intervention de Germinal Peiro

 

 

Pascal Delpech

 

Intervention de Pascal Delpech

 

 

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Au centre de l'image, J-Pierre André, maire de Cladech

 

 

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Sur la gauche de l'image, on aperçoit Serge Righi, secrétaire de l'ANACR Au premier rang, Muriel Delmas, coprésidente de l'ANACR du Val-de-Nauze Au centre de l'image, on reconnaît Maryse Durand, maire de Ste Foy-de-Belvès

 

Les photos sont d'Anne-Marie De Wals 

 

__________

 

Lecture, pour l'A.N.A.C.R, de Manon Desplain-Bossenmeyer

 

Amis et adeptes du devoir de mémoire,

Mesdames, Messieurs,

 

Avant de procéder à l'appel des héros du Canadier, qu'il me soit permis, pour ce devoir de mémoire, de vous remercier  toutes et  tous d'avoir bravé la fraîcheur matinale de ce dernier samedi d'hiver et, pour ce pèlerinage laïque, d'avoir fait l'effort de vous associer à cette manifestation presque intime pour ne pas oublier.

Après chaque nom, vous voudrez bien, en écho, dire à haute et intelligible voix, "Mort pour la liberté".

 

...

 

Trois d'entre eux, le 16 mars 1944, sont tombés victimes de la lâcheté, de l'absurdité et de la félonie. Il fallait être bien ignoble pour devenir de répugnants thuriféraires féaux d'une des plus féroces dictatures de l'histoire de l'Humanité.

Les victimes de cet acte inqualifiable amenaient de l'autre versant des Pyrénées, des valeurs républicaines empreintes d'héroïsme puisqu'ils étaient chassés de leur péninsule par des meutes haineuses cléricalo-fascistes que les avancées d'une fragile et jeune République insupportaient. Ces quatre malheureux venaient dans le pays qui se targue d'être celui où l'on a rédigé la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen que de sinistres acteurs de l'agressive violence souillaient sans ménagement.

Ils ne venaient pas pour semer le désordre mais pour travailler dans les galeries des mines. Ils devaient, chaque jour, se cacher et trouver un nouveau refuge pour échapper aux pisteurs de la collaboration. C'était peine perdue. La lâcheté l'emporta sur le droit, sur l'hospitalité protectrice et tout simplement sur la dignité.

Chaque année, nous venons au piédroit de ce mémorial de la Raze pour les malheureux héros du Canadier. Pensons à eux comme à des éclaireurs de la liberté souillée par les dictatures. Ayons une pensée pour celui qui eut le sort le plus tragique puisqu'il fut confié aux chantres de l'ignominie, la Gestapo nazie, qui concourut pour l'excellence dans la cruauté.

 

Ce pèlerinage laïque honore les Veyrinois, leurs élus de plusieurs générations, qui entretiennent ce site. Il peut se conclure par un bouclage avec une escale dans ce petit cimetière collinaire où la sépulture de ces martyrs a été restaurée, il y a quelques années.

 

Cimetière Veyrines

 



16/03/2020
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