Terres de Nauze

Le Fonbounou, un bien fragile ru fort intermittent

 

 

CASTELNAUD-la-CHAPELLE,

St LAURENT & GRIVES

 

 

CLIQUEZ SUR LES IMAGES

 
 
IMG_0596

 

Il sourd à 211 mètres d'altitude sous Fondaumier, en terre chapeloise, - aujourd'hui castelnaudézienne-, il rejoint le Valech près du Moulin de Soulié, à la jonction des communes de St Laurent et de Grives. Son lit s'étire sur 2 500 mètres.

Il salue La Paillole qui le domine d'une quinzaine de mètres et le lieudit de Fonbounou où une petite source, quand la période sèche ne s'est pas installée, lui donne ses ultimes ondes. À 158 mètres d'altitude, au Moulin de Soulié, le Valech s'en saisit.  

L'étymologie de Fonbounou semble couler de sourcela Fontaine bonne.

 

Le système binaire fontaine-lavoir, depuis que l'adduction d'eau potable a alimenté les demeures du tissu rural, a perdu sa fonctionnalité et l'a rendu obsolète. La nature a repris ses droits. Il faudrait trouver un élan de motivation patrimoniale pour le rétablir mais, aujourd'hui, est-ce une priorité...

Ces points d'eau, en général ou souvent, étaient privatifs et leur accès était plus souvent des règles de sociabilité largement consensuelles, admises et partagées, que des droits.

 

 

IMG_0663

 

Le fort discret Valech arrive à la limite de St Laurent et de Grives. Il se glisse dans la végétation qui, tout à la fois, le protège de l'ensoleillement et lui prélève son eau pour donner vie à sa ripisylve.

 

  

IMG_0667

 

Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu'au soir;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine. Le lac, divin miroir

Rayons des ombres. Victor Hugo 1840  

 

 

Le regretté Jean-Paul Pécal [St Laurent-la-Vallée 1948 / Cahors 2019], photo Fabrice Vierge, fut l'ingénieux concepteur de cette magnifique retenue d'eau du Queyrand.

Jean-Paul, sa vie durant, fut Grivois et s'appliqua à donner une impulsion authentiquement rurale à son village. 

 J-Pierre Pécal

 

Jetons de loin un regard sur cette fort belle pièce d'eau, dite du Queyrand*, superbement entretenue et purement privative. Elle est l'œuvre d'un exploitant grivois qui a su récupérer,  par le truchement d'un conduit, pendant la période humide, les eaux collinaires. Celles-ci viennent de proches sources essentiellement actives lors des périodes humides. Ce plan d'eau privé s'inscrit parfaitement dans le corridor du Valech qu'il n'affecte nullement.

On peut estimer qu'avec une superficie d'environ 40 ares et une profondeur d'environ 3 mètres, la retenue  d'eau contient autour de 12 000 mètres cubes.

 

* Le toponyme du Queyrand revient souvent dans plusieurs contrées occitanes. Il définit un petit pays dans le Tonneinsois. On peut supposer qu'il tire son substantif de queyre, querol, queyre. Le queyroi est un nom du Périgord. Il désigne le carrefour où était située la maison.

 

 

Le lac collinaire, un outil d'appui à l'activité agricole et à la vie aquatique des cours d'eau

 

Les lacs collinaires d'aujourd'hui, héritiers de lointains ouvrages depuis la Préhistoire, ont trouvé leurs fonts baptismaux à une ère où l'on songeait fort peu aux espaces de loisirs. Les civilisations de l'ancienne Égypte et de la Mésopotamie en ont déjà construit pour constituer des réserves d’eau potable, d’irrigation des plantes cultivées et de piscicultures.

Les lacs collinaires ne sont pas d'immenses plan d'eau comme on en a  dans beaucoup de sites. Ce sont tout simplement des ouvrages artificiels créés pour stocker les eaux de surface et de ruissellement des périodes automnales et hivernales. Constitués d’une digue en terre ou maçonnée, nos lacs collinaires sont particulièrement adaptés aux régions vallonnées et de moyennes montagnes. Quand ils sont bien gérés, non seulement ils n'hypothèquent pas les cours d'eau mais ils les harmonisent.

Les lacs collinaires demeurent d'excellents alliés de nos amis les sapeurs pompiers lorsque les sècheresses, pas forcément estivales, peuvent provoquer des incendies, ils peuvent apporter des possibilités d'irrigation.

Ces lacs sont soumis à des règles de soumission à autorisation ou à déclaration, suivant leur importance, au titre de la loi sur l’eau, rubrique (article R214-1 du code de l’environnement).

 

Photos Pierre Fabre 



04/07/2020
4 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 222 autres membres