Terres de Nauze

L'auberge espagnole juilletiste de la rue du Fort

PAYS de BELVÈS

 

 

Les "Fortinois" ont souhaité donner signe de vie estivale à leur rue, ce samedi 18 juillet, en ouvrant une auberge espagnole.

 

L\\\'enfilade

 

L'enfilade de la rue. 

 

 

Commençons par parler de la rue.

La rue, c'est avant tout un lieu plein de vie et d'échange. Parfois, on donne à la rue le nom d'un foyer de contestation du système établi,  qu'il soit une résultante de la volonté populaire ou non. Le substantif de  rue, microtoponyme, peut aussi devenir un patronyme, il est rare. Il est cependant courant par sa féminisation assembleuse : La rue devenant Larue.  

 

Belvès, comme toutes les cités qui défient le temps, a évolué depuis sa fondation.

C'était bien avant l'adressage que les Belvésois ont donné un microtoponyme à chacune de leurs rues ou modestes venelles. Ce que les prédécesseurs des urbanistes, ces concepteurs n'existaient pas à cette époque, ont réalisé, est un merveilleux enchaînement qui part, ou finit, au bas du Terriol, traverse la place Malbec,  s'enfile dans la rue du Fort, coupe la place d'Armes, borde la Croix des Frères, gravit la raidillon du Barry, atteint par la rue des écoles l'église et, là, s'achève pour renaître à la rue de l'aérodrome en saluant au passage Capelou. L'implant aéronautique du Camp de César, bien entendu, était bien loin des pensées de nos ancêtres.

On peut dire qu'Haussmann qui rechercha pour notre capitale d'excellentes perspectives, ici, n'aurait pas fait mieux.

À Belvès, on a rarement pris des noms de personnages pour nommer les rues, places et autres espaces publics. La rue Charles VII surgit dans cette cité. Elle ferait presque "désordre". Pour une raison qu'il serait intéressant de connaitre elle honore ce monarque, plutôt faible, surnommé roi de Bourges ou de Chinon. Il ne remercia guère Jeanne d'Arc qui lui rendit sa puissance. Cette mode, plutôt récente, de prendre pour les microtopnymes des noms de personnages souvent historiques ne se vulgarisa qu'après la grande Révolution. On ne trouve à Belvès que quelques noms qui ont marqué la vie locale. Une ancienne  forte personnalité de l'Ancien Régime, Barbe de la Moissie,  deux maires, Albert Vigié et Maurice Biraben, un explorateur, Paul Crampel, des noms issus de la Résistance, Michel Giffault, Jacques Manchotte, de Gaulle et Hélène Rispal. Les autres voies, elles, ont pris des microtoponymes s'inspirant de la micro-géographie ou de la toute petite histoire, les rues Foncastel, Pélevade, autrefois Peyre Lévade soit pierre levée, du Petit sol, de la Brèche, avec une note qui donne un joli brin de poésie à la rue de l'Oiseau qui chante.

 

 

Situons la rue.

Définie comme espace de circulation,  elle tire son nom du latin  ruga " chemin bordé de maisons ". Une cité du Ponthieu, dans la Baie de Somme, s'appelle Rue. Cette petite ville picarde ne consista d'abord qu'en un groupe de huttes au milieu d'un marécage bordant la mer. Elle fut "visitée" par les envahisseurs Vikings qui, à plusieurs reprises, l'ont pillée.

En occitan, la rue est lo carrièra mais ce mot dans les Terres-de-Nauze, a été remplacé par  lo ruà qui n'est ni plus ni moins qu'un francisme. Lo carriéra  grand ou carriéra màger est la Grand rue.

On trouve dans carrièra, la racine, car qui nous amène à tous les mots de la même famille dont le carreyrou qui est la plus petite rue où pouvait passer une charrette.

 

Chez nos voisins espagnols, c'est la calle, pour les Portugais  la rua, pour les Italiens la strada et die Straße pour les Germaniques. Tout le monde connaît the street, la rue en anglais  qui, outre-Atlantique, a donné Wall Street devenue une place prépondérante du monde financier.

  


  

Revenons à Belvès.

Un microtoponyme nous laisse dubitatifs, la rue Rubigan. Cette rue s'avère être une merveille. Là on se voit dans des reliefs d'une cité de la Renaissance. Le Cours Champion de Cicée, lui, désigne un archevêque de Bordeaux. Ce prélat fit assez bon ménage avec la grande Révolution.

La rue du Fort interpelle. Pourquoi rue du Fort ? Tout simplement, au Moyen-âge elle se situait hors du castrum et ses tours protégeaient Belvès des intrus. Elle s'appela rue Malbec dont le microtoponyme existe encore avec la place où, jadis, les malheureux bestiaux étaient vendus, avec bien peu d'humanité à leur égard, pour changer de maîtres ou partir vers leur fin tragique. Elle s'appela, aussi, rue du grand fort.

 

Ancrons-nous dans cette rue du fort.

Elle n'est pas tout à fait l'épicentre de cette cité belvésoise. Par son implant privilégié, entre la place d'Armes et la place Malbec, elle fut l'ajout incontournable à la rue la plus recherchée. Là on trouvait des commerces et des artisans qui n'existaient pas dans la rue Jacques Manchotte ce qui fait qu'elle a toujours été très animée et parcourue par les chalands.

Aujourd'hui,  elle devient plutôt une paisible rue d'habitats, tant principaux que secondaires.

 

En imaginant cette première auberge espagnole du 18 juillet dans la rue, pour réunir ses habitants, ceux-ci se sont rendus compte qu'ils assemblaient dans une harmonie parfaite, plusieurs cultures allant des Flandres au Maroc et même traversant le grand fossé de l'Atlantique.

 

 

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On en avait l'eau à la bouche.

 

Elle est charmante

 

L'hôtesse porte les plats avec son plus joli sourire.  

 

 
Les convives prennent place

 

Les convives prennent place.

 

 Une table bien fleurie

 

Certains s'attardent autour des entrées

 

 

De très jeunes convives

 

Les tables sont bien fleuries

 

 

Auguste au barbecue

 

Auguste est aux commandes du barbecue. 

 

  

Bleuette

 

Son vrai prénom est Bleuette. Elle arriva à Belvès 4 ans après que Vadim ait conçu "Et Dieu créa la femme".  Le fort joli prénom de Bleuette fut écrasé, par les Belvésois, par celui de Brigitte.

Bleuette nous a présenté dans sa terrasse du Cantou, sa rose trémière, très jolie plante qui nous vient du latin "Alcéa roséa".  

 

Guy Bernardin

 

Bleuette a pour voisin, Guy Bernardin, un mosaïste passionné de Belvès. Il se donne à fond dans son art et il sait, aussi, s'ouvrir à nos aînés qui, à l'EHPAD, apprécient énormément ses visites. 

 

L'idée de réunir les voisins pour un repas de rue, ne manque pas d'originalité à une époque où les tablettes ont cassé toute la communication directe entre les personnes qui se croisent mais ne se voient pas.

 

Photos Pierre Fabre

 

 

 

 

 



20/07/2020
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