Terres de Nauze

La Nauze risque de devenir un simple fossé.

 

SIORAC-en-PÉRIGORD

 

Partons des notions élémentaires qui séparent les rivières, ruisseaux et les fossés. 

 

En hydrographie, une rivière est un cours d'eau au débit moyen à modéré, recevant des affluents et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve

 

Un ruisseau est un petit cours d'eau peu profond, au débit modéré ; en général, d'aucuns retiennent jusqu'à 2 m3/s, alimentés par des sources d'eaux naturelles ou drainant un bassin versant, souvent affluent d'un étang, d'un lac ou d'une rivière. Il peut se tarir en cas de sécheresse car sa source est altérable par les conditions climatiques.

 

 

Un fossé, terminologie d'infrastructure, est une structure linéaire creusée dans le sol, dont les origines et les fonctions sont diverses. Le fossé peut être naturel ; c'est le cas de ces creusets qui se situent sur d'anciens lits de cours d'eau taris, depuis des ères antédiluviennes qui, lors de périodes de fortes pluies, ressemblent à des ruisseaux. Les fossés  artificiels, plus ou moins modestes, sont des ouvrages de génie civil destinés à drainer, collecter ou faire circuler des eaux. On parle alors de fossé d'irrigation, de drainage, de collecte, d'évacuation, etc. Ces fossés peuvent être salutaires car ils apportent une forme d'hygiène à nos sols ; mais, quand leur concept est "expéditif", ils peuvent, aussi, -et c'est paradoxal- concourir à l'assèchement de l'environnement.

 

 

Les fleuves, les rivières, les ruisseaux et les sources ont une "âme".

  

Les fleuves, les rivières, les ruisseaux et même les marécages, il n'est pas besoin de le préciser, sont des forces vives créées par la nature qui abritent nos écosystèmes. Ils ont un rôle écologique majeur.

 

La nature, qui a horreur du vide, sait nous rappeler que, souvent, elle peut nous interpeller. Oui, nous sommes tous émus, le temps d'un journal télévisé, quand on voit des images marquantes comme Vaison-la Romaine ; ou, à l'autre bout du monde quand des flancs de montagne glissent et ensevelissent  des villages mais, quelques heures après, on passe à autre chose.

 

Si le niveau des précipitations est, d'une année sur l'autre, évolutif, globalement sur une mesure multi-décennale, on ne remarque pas d'écarts spectaculaires. On peste, naturellement, quand on connaît des périodes pluvieuses au delà d'une ondée. Notre moral est, là, engagé. Pense-t-on, à ces moments là, que les nappes phréatiques se rechargent.

 

Ce qui est inquiétant, c'est de voir nos sources tarir définitivement, avec pour corollaire nos niveaux de cours d'eau revus à la baisse.

 

 

David Fargue, technicien à la Direction départementale du territoire,  chargé du suivi de l'étiage de nos rivières, constatant sa dernière mesure de l'étiage de la Nauze, prise au niveau du pont de Petit Campagne, à Siorac-en-Périgord, donne un écoulement de 315 litres seconde. L'étiage normal serait de 450 litres seconde. Nous sommes donc, après un été disons quelconque, rien à voir avec l'été 1949 ou 1976,  localement 30 % en dessous de l'étiage de référence.

 

Sortons un peu de nos Terres de Nauze et observons les Hauts de Couze. Les plus âgés de nos anciens, en dehors de pluies diluviennes, n'ont pas mémoire d'avoir vu couler la Couze, entre Fongalop et le pont de Campagnac, pourtant la Couze qui, fort rarement, se rétablit dans son lit en amont de Bouillac, s'écoulait dans son creuset, il y a moins d'un siècle. Maintenant, il faut quasiment aller à St Avit-Rivière pour la retrouver en situation de pérennité.

 

La Nauze, dont la faiblesse devient de plus en plus inquiétante,  trouvait, jadis, des apports qui la doublaient au niveau de Fongauffier et, 300 mètres en aval, celui de Fonpasserelle. Cela n'est plus tout à fait le cas !

 

 

Si vous aimez la Nauze, si vous ne souhaitez pas qu'elle passe de rivière ou ruisseau au niveau d'un fossé et, si vous pensez qu'il faut -et non pas qu'il faudrait- faire quelque chose, exprimez-vous en commentant cet article. 

 

 

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315 litres seconde à Siorac, c'est peu, bien peu, trop peu !

 

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Le courantomètre solaire qui permet de mesurer le débit.

 

 

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 Tout juste une quarantaine de centimètres à l'échelle limnimétrique.

 

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L'ouvrage métallique, à Campagne, qui a remplacé le "pont dit du tacot".  Historiquement, il aurait, à mon sens, été pertinent de donner un nom à cet ouvrage qui supplanta, il y a une douzaine d'années, le pont qu'empruntait le chemin de fer minier de Merle à Siorac. L'exécutif municipal en place ne le souhaita pas.

 

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Et notre Nauze s'échappe vers sa confluence. 

 

Photos Pierre Fabre.



28/10/2017
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