Terres de Nauze

Ils sont, un peu, les gardiens du temple.

 

La mayonnaise n'a pas pris.

 

Depuis que le monde est monde, on n'a de cesse de changer les terminologies des fonctions, pour trouver des appellations plus "ronflantes". Ainsi, nos instituteurs, successeurs des maîtres d'école, sont devenus les professeurs des écoles ;  dans le corps médical, les surveillantes sont désignées cadres de santé ; les bibliothécaires sont, désormais, des documentalistes et j'en passe.

Au tout début des années 60, les facteurs étaient sur la sellette, pour devenir des préposés ; mais, là, la mayonnaise n'a pas pris. Les usages ont prévalu et nos braves facteurs sont restés les facteurs que nous aimons tous.

N'oublions pas le sens du mot facteur. Pour le Littré,  c'est "celui qui fait", sens ancien et propre qui n'est plus usité.

 

Reprenons l'origine du mot "Facteur". 

 

 

Sa première utilisation remonterait au 21 mai 1638. Le mot facteur vient du vieux français " faiseur " qui désigne celui qui fabrique. Par extension, il désigne aussi celui qui assure la représentation commerciale de ses clients. Là, on est tout à fait dans l'image contemporaine de nos facteurs. Ils sont la carte de visite de l'administration de La Poste.

 

Cela me ramène à mes jeunes années où je revois certains clients du fret ferroviaire. Beaucoup considéraient le représentant de l'administration ferroviaire, en prenant pour référence l'opérateur de la desserte de leur embranchement plutôt que le responsable du secteur, personnage distant, que parfois ils ne connaissaient pratiquement pas.

   

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Daniel Bidault à bord de sa voiture de fonction. Photo Pierre Fabre  

 

Les facteurs d'antan de la ruralité profonde qui sillonnaient les chemins à bicyclette, parfois à pied, n'existent pratiquement plus, sauf dans des tournées très particulières de reliefs ou d'îles ultra-marines éparses. Il n'est pas besoin de dire que ces facteurs-là, comme nos amis gendarmes de montagne, donnent des lettres de noblesse à leur fonction.

 

Elle est bien loin l'époque du brave Déodat, le facteur de la Jument verte, incarné par Achille Zavatta. Nos facteurs d'aujourd'hui partent de leur plateforme à bord de leur voiture. Ils ne voient pratiquement leurs clients que pour les plis recommandés.

 

 

 

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Un petit geste et le pli est déposé dans la boîte, c'est pratique mais beaucoup moins humain que la tournée du regretté père Chapeyroux qui pouvait chaleureusement saluer ses mandants avec sa permanente bonne humeur.

 

Daniel Bidault, notre facteur, vient d'annoncer à ses contacts que, dès le mois de septembre, sa tournée n'aura plus de titulaire. Que l'on se rassure, le courrier sera toujours distribué mais avec des participants divers ! Dans l'idiome de Shakespeare, je crois que cette méthode s'appelle le turn over.

Qu'il me soit permis de lui préférer la rotation !

 

Pour positiver, cet alternat nous permettra de connaître un peu, d'autres personnes de ce corps de métier qui a, derrière lui, tant d'années de sympathie et de partage avec ses abonnés. Puisse notre siècle, les conserver !

 

 

 



20/08/2018
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