Terres de Nauze

Autour des ponts. Volet n° 2 (suite et fin), Le pont des Abbesses de Fongauffier fragilisé

 

 

 

Un petit aparté historique hors sujet.

 

Celles et ceux qui ne sont pas, au moins, sexagénaires, ont probablement entendu parler des Ponts & chaussées ; mais, vraisemblablement, ce terme, pour les plus jeunes, n'est qu'une caducité de vocabulaire.

Situons les prestigieux ingénieurs des ponts et chaussées. Ils étaient les membres d'un ancien corps des ponts et chaussées qui est devenu le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts.

Le corps des ingénieurs des ponts et chaussées était, jusqu'au 1er octobre 2009, un corps technique d'encadrement supérieur de la fonction publique d'État, à vocation interministérielle.

Attention, les ingénieurs civils des ponts et chaussées sont les ingénieurs diplômés de l'École des Ponts ParisTech. Ils ne sont pas membres de l'ancien corps des ingénieurs des ponts et chaussées ou de l'actuel corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts.

 

Jadis, quand on parlait des ingénieurs des ponts et chaussées, on en parlait presque avec emphase, avec la forme de déférence qui revenait aux hauts fonctionnaires. Les initiés disaient, avec toute la considération admirative, "ils sortent des Ponts".

Sur le terrain, certains étaient appelés, à tort, bien entendu, ingénieurs des ponts et chaussées parce qu'ils étaient investis de prérogatives, certes respectables, de conduite de travaux et de chantiers mais ils n'étaient pas pour autant ingénieurs des ponts et chaussées.

L'histoire des ingénieurs des ponts et chaussées s'ouvre par un édit de 1599 d'Henri IV nommant Sully, grand voyer de France. Elle s'est poursuivie au cours des siècles et chemine avec celle des finances du royaume.

Les grands chantiers des routes et des ponts de France ont donc été conduits et surveillés par des ingénieurs des ponts et chaussées.

 

Essayons de revenir sur le sujet d'aujourd'hui.

 

Si les grands chantiers ont eu des ingénieurs des ponts et chaussées comme maîtres d'ouvrage pour beaucoup de nos ponts, construits sous l'Ancien Régime, nous n'avons pas de traces historiques, plans et autres, ni même pour certains, de dates précises.

Les Ponts et Chaussées sont devenus l'Équipement, terminologie ouverte qui cerne bien des domaines dont certains se situent au-delà des chantiers et infrastructures des routes et des ponts. Si l'Équipement est le maître d'ouvrage pour le département, il n'en va pas de même pour les ouvrages implantés sur les voies communales ou les chemins ruraux. Cette mission incombe soit aux communautés de communes soit aux communes elles-mêmes. L'Équipement peut être appelé à apporter son expertise.

 

 

 

 

 

 

n° 1

 

Le pont des Abbesses, à Fongauffier, dont l'embasement est presque millénaire, relève exclusivement du patrimoine communal sagelacois.

 

 

n° 2 

La voûte orientale est fragilisée par la chute de pierres de son arche.  

 

 

n° 3

 

Les pierres manquantes concernent la rive concave.

 

 

n° 4

 

Christian, riverain immédiat, en quelque sorte, est le "conservateur" de ce petit bijou patrimonial. Avec Maryse, son épouse, il(s)l n'hésite(nt) pas, quand le besoin se fait sentir, à dégager l'obturation du passage de l'eau sous les arches de l'ouvrage. Christian indique les points de faiblesse de la voûte orientale.

 

 

n° 5

 

L'altération de la voûte, manifestement, sera certainement coûteuse et difficile à corriger. Il sera, par ailleurs, délicat de donner à la réfection, la couleur de l'ensemble. 

 

 

Au bord de la Nauze

 

En mai 2011, deux jeunes Sagelacois, ils préparaient une saynète de mariage républicain pour la félibrée, se sont assis sur le banc au bord de la Nauze. Ce banc fut la récupération d'une pièce importante du pont des abbesses qui a subi de gros dommages lors de la crue millénaire de la Nauze. Cette furie de la rivière remonte à septembre 1812. Grâce à notre amie Marie-Françoise Guludec-Barthé le pathétique et bouleversant témoignage écrit du meunier de l'époque est parvenu jusqu'à nous.

Les garçons fongauffiérains, dans une folle équipée, ont, en 2005, extrait du lit de la Nauze, deux superbes pièces emportées par le tumulte des ondes. Celle, ci-dessus, est la plus importante. La spectaculaire manœuvre fut un exploit, surtout pour réussir à faire passer le bloc sous une arche du pont.  Ce bloc de grès hématisé pèse entre 800 Kg et une tonne.

 

Photos Pierre Fabre 

 

 

4 inondation Nauze gare001

 

 

L'image ci-dessus d'Antoine Carcenac n'est pas datée. Elle donne une idée d'une grosse crue de la Nauze. Le cours d'eau s'étale sur 250 à 300 mètres de large. Cette crue ne peut pas être la crue millénaire de 1812 qui plongea le village dans l'effroi et le deuil, ni celle de 1900 qui fut spectaculaire mais, elle non plus, n'est pas mémorisée par un témoignage visuel. Cette image doit, vraisemblablement, dater du début du siècle précédent. 

____________

 

Demain : Pour le Téléthon,  le C.A.B, club athlétique belvésois, organise début décembre, une sortie pédestre (footing) de Belvès au centre du Bercail.  



28/11/2019
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