Terres de Nauze

Cela se passait, il y a 70 ans.

 SAGELAT

 

Louise.jpg Cela fait exactement 70 ans, aujourd'hui 8 décembre, que les résidents du hameau de Lavergne, avec une grande émotion, apprenaient le décès accidentel de Louise Mismes
Louise Pétavy-Mismes

 

Adrien et Louise Mismes, les filateurs de Lavergne, revenaient de la foire de Monpazier quand Adrien, au niveau de Fongalop, tomba en panne avec sa camionnette.

Un autre commerçant  rentrait également chez lui, c'était un marchand de tissus de Siorac que tout le monde appelait le Commandant Cervolle. Voyant les Mismes en difficulté au bord de la route, le Commandant s'arrête et, avec une banale corde, essaie de dépanner les filateurs.  Dès le démarrage, la camionnette tractée se renverse. Le choc fut mortel pour Louise. 

 

Marie-Thérèse Laudy-Bourgès, petite-fille de Louise et Adrien, fille de Madeleine et Raymond Laudy, dans Fongauffier-sur-Nauze, le 15 juillet 2014, conta ce drame familial.

 

https://fongauffier-sur-nauze.blog4ever.com/le-dernier-filateur-sagelacois

 

 

Mes grands-parents faisaient les foires avec une camionnette C4 pour vendre leur laine et acheter la laine brute aux éleveurs de moutons. C’est au retour d’une foire à Monpazier, le 8 décembre 1949, qu’ils ont eu un accident grave. La camionnette est tombée en panne.

Pendant le remorquage avec une corde, celle-ci a provoqué un choc, Louise qui avait la main sur la poignée de la portière a été éjectée et elle est décédée sur le coup. C’était une forte personnalité, elle assurait toute la gestion, maison et usine. Adrien n’a pas surmonté sa disparition, il est décédé d’un accident cérébral, 6 mois après, le 2 juillet 1950.

 

Ce double deuil entraîna la fermeture définitive de la filature de Lavergne.

Les Mismes venaient d'acheter la filature de Daglan.

 

Sa fille aînée, Madeleine, a hérité de la filature. Son mari, Raymond, a assuré la suite de l’activité professionnelle jusqu’en 1985, date à laquelle ils ont pris leur retraite. La filature a fermé définitivement.

 

Marie-Thérèse poursuit. Quand la filature de Lavergne a fermé, l’un des ouvriers, Gabriel Massobras, est venu travailler à Daglan, souvent à bicyclette, soit 40 km aller-retour. Il a tenu 3 ans puis il a pris sa retraite.

  

 

Que dire 70 ans après.

 

Personnellement, je n'étais qu'un petit garçonnet qui avait 4 ans et 10 mois mais ce drame, pour moi, fut inoubliable. Je me souviens parfaitement de mes parents, amis des Mismes, anéantis par cette tragédie. Louise qui venait chaque jour, chez nous, avait toujours un mot gentil pour mes frères et moi-même. Quand on n'a pas 5 ans, on n'a qu'une idée imprécise de la mort mais on sait qu'il s'agit du plus douloureux moment de l'existence. La filature, ce lieu fascinant, où les ouvriers riaient en travaillant,  dans l'ambiance d'une entreprise où la maxime "Les bons maîtres font les bons serviteurs" trouvait toute sa pertinence, allait fermer et le mitage de Lavergne mit bien des années, à se dégager de cette épopée lainière.

Les Mismes avaient fait leur chemin et, en prenant cette modeste filature, avaient apporté le travail, la gaîté et scellé l'excellence d'un voisinage harmonieux.

Le deuil de Louise et  d'Adrien est bien loin de nous, aujourd'hui ; mais, pour les plus anciens, qui parlaient avec respect de ces filateurs qui venaient du Limousin avec leur hardiesse, leur savoir-faire, en osant un peu, disons une supériorité technique, et un désir d'avancer dans le concept du travail d'équipe, c'est toujours une rétrospective mémorielle qu'il convient de ne pas négliger.

 

Aujourd'hui, 70 ans après, en hommage aux Mismes ce blog se limitera à ce chemin de mémoire.

 

 

 

Adrien.jpg

Charles-Adrien Mismes

Bessines-sur-Gartempe 1884 - Daglan 1950

 

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Demain nous revivrons les épisodes sportifs du Téléthon de nos collines et de nos vallons.



07/12/2019
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