Terres de Nauze

Qui peut bien s'inquiéter du niveau de nos sources ?

SAGELAT

 


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L'écoulement de la fontaine de Fongauffier n'a jamais été aussi bas. L'eau se contente de se frayer un passage sous la pierre noire. Son niveau normal d'antan était au-dessus de cette même pierre. Photo Pierre Fabre

 

 

L'eau, source de vie, pose un problème planétaire. Celles et ceux qui ont naturellement accès à l'eau potable, de nos jours, sont les privilégiés.

 

    Quelques millimètres de précipitations, un dimanche festif aoûtien, et voilà que nous pestons contre la pluie régénératrice de la vie. Tout au plus, on espère que sa venue puisse relancer une pousse de cèpes ! !

 

Les problèmes de l'eau.

 

L'eau, cet élément indispensable à la vie qui se présente sous la forme liquide, solide ou gazeuse, est le problème numéro un de la vie sur la planète. Sans eau, la vie devient impossible. Ses excès sèment la désolation.

Qui, en ouvrant le robinet, se pose cette question fondamentale de  cet immense chantier qu'il a fallu concevoir pour l'amener dans les foyers. Il y a  bien moins d'un siècle, les maisons isolées, surtout les fermes, jouissaient d'une richesse extraordinaire quand elles avaient l'eau pérenne à demeure. On respectait l'eau. Nos anciens se souviennent de l'eau potable que les mamies allaient recueillir à la fontaine avec le cruchon de terre cuite. On la buvait avec discernement, en utilisant une "couade"* pour éviter le moindre gaspillage. Il n'y avait quasiment pas d'utilisation d'eau pour les loisirs, les piscines privées n'existaient pas et les golfs étaient des sites d'exceptions.

 

Les causes du recul de l'eau, potable en particulier.

 

Elles sont multiples et bien connues. Les sources et les ruisseaux n'ont pratiquement plus d'entretien. Les espaces forestiers de feuillus cèdent le pas aux résineux. Les haies disparaissent. La refonte parcellaire cassant les points de régulation des eaux de ruissellement, la disparition des chemins ruraux souvent bordés de fossés latéraux, complètent ce massacre. Les fossés adjacents aux petits ruisseaux, souvent, sont comblés. Les forages deviennent de plus en plus profonds. La multiplication des lacs collinaires trouble la régularité.

Les périodes de canicule et de sècheresse apportent leur tribut à ce recul inquiétant mais il ne faut  pas exagérer ces phénomènes. 1949 et 1976 ont été des années bien difficiles, on a tendance à l'oublier et l'on parlait, à peine, en 1976, d'un réchauffement à l'époque mal identifié.

 

Les conséquences.

 

L'eau des fontaines, quand celles-ci continuent d'exister, de plus en plus, est devenue suspecte. Par commodité ou précaution, les autorités en proscrivent la consommation. Les particuliers se tournent de plus en plus vers l'eau vendue dans le commerce. Les fontaines sont abandonnées ou, sans entretien, tarissent. Les cours d'eau, y compris les grands fleuves, dont le débit est affecté, voient des kyrielles de poissons mourir par manque d'oxygène.  Les pâtures et les cultures souffrent de sècheresse. La faune et la flore sont hypothéquées.

 

Continuons comme cela et l'inventaire des sources taries deviendra... intarissable. Le Jourdain et le Colorado, demain, hélas, risquent de ne pas être les seuls fleuves interpellés par un recul angoissant.

 

 

Terminons avec une belle note d'optimisme. Dans un des plus beaux départements de France, "on" a pu trouver une quasi unanimité d'élus, défiant presque ou, tout au moins, ironisant sur les plus hautes autorités de la Justice, pour partir en croisade de soutien à l'appareil qui considère que la sauvegarde du fleuve Dordogne n'est qu'une fantaisie d'ignare !    

 

Ce blog, prenant acte des réserves d'un de ses lecteurs assidus, a mis un terme à la procédure des sondages, inutiles, mal perçus et sans intérêt. 

Il faut bien être conscient, qu'en dehors des institutionnels, on ne peut guère envisager d'action citoyenne motivante sur un thème quel qu'il soit ! Le fiasco sans appel de l'animation de la Nuit du 4 août en fut l'éloquent exemple. Sans lancer un sondage, si vous pensez qu'une discussion locale, à définir, sur le thème de l'eau, vous paraît pertinente, usez de la fenêtre commentaire. 

 

 

La couade, dans notre ruralité paysanne occitane, était un ustensile ressemblant à une casserole dont la queue était un conduit pour permettre de boire l'eau.

 

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La couade, terme occitan, en français, doit se traduire par godet.
 
La couade est une sorte de louche, dotée d’un long manche tubulaire, creux et percé sur toute sa longueur, du louchon à  la pointe du manche.
 

 

Avec le louchon, on puise de l’eau puis on pose la couade en équilibre sur un rebord. Le long goulot est en fait légèrement incliné et donc l’eau s’écoule en petit filet, plus ou moins à la manière d’un robinet.

 

Indissociable d'un contenant de type seau, la cassotte (son nom charentais) trouvait sa place sur un évier en pierre ou la margelle d'un puits.

 

Son usage est, comme dit précédemment, multiple : on s’en servait pour faire sa toilette, se laver les mains, boire à la régalade, à la fois grâce à la louche mais aussi grâce au fin filet d’eau obtenu par le goulot, comme celui d’un robinet, finalement. Une fois utilisée, on reversait le trop plein d’eau contenue dans la couade, directement dans le seau. Ainsi, point de gaspillage !

 



11/08/2019
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