Terres de Nauze

Pour une ultime fois, nous saluerons Jean Eutrope, ce mercredi 28 mars.

 

Jean Eutrope est décédé à Belvès, ce vendredi 23 mars. Jean naquit à Agen, le 20 juillet 1928 ; et, c'est toujours dans la bonne ville de Jasmin, qu'il épousa Denise, le 20 août 1952.

 

 

 

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Peu après leur union, en mai 1954, les Eutrope vinrent à Belvès où ils ont pris, pour un quart de siècle, le Cinéma Rex. À l'époque, cette salle était l'unique lieu culturel de la localité. C'est pendant leurs premières années dans la cité d'Anaïs Monribot, que les cinéphiles ont suivi les péripéties de don Camillo et le cheminement d'Yves Montand et de Charles Vanel dans "Le salaire de la peur" de Clouzot. Les enfants ont été fascinés par "Vingt mille lieues sous les mers" de Fleischer, pour Walt Disney. Sacha Guitry nous ramenait au grand siècle des Bourbons, avec "Si Versailles m'était conté", puis il confiait à Raymond Pellegrin, le soin de faire revivre l'épopée de Bonaparte jusqu'à Ste Hélène. Un peu plus tard, ce furent les films autrichiens, réalisés par Ernest Marischka, en 1955, qui, avec ses mièvreries douceâtres, faisaient craquer grâce à la plus que séduisante Romy Schneider, à peine sortie de l'adolescence. Elle incarnait Sissi, soit Élisabeth de Bavière. Attention aux licences plus que permissives de l'histoire, prises par les réalisateurs. C'est dans cette époque que l'on découvrait le tandem inoubliable de Danielle Darrieux - Gérard Philipe, dans "Le rouge et le noir". 

En suivant la progression, on trouva "La traversée de Paris" ainsi que "Et Dieu créa la femme".

 

Jean, il y a quelques années, me racontait  tous ces grands moments cinématographiques vécus à Belvès, par la population des enfants jusqu'aux seniors, en passant par les jeunes qui aimaient se retrouver au cinéma et, parfois, y nouaient des idylles. Il me rappela, alors, que c'est avec un film, presque ordinaire, "Le capitan", qu'il obtint son plus gros chiffre d'entrées avec 16 séances. Ce film de 1960, d'André Hunebelle, certes, a joui de l'interprétation de Jean Marais et de Bourvil mais il a, surtout, passionné, localement, pour ses scènes tournées à Biron, Monpazier, Veyrines et Fayrac où, par ailleurs, on voyait des figurants locaux.

La vie belvésoise du Rex, c'était naturellement, celle des Eutrope ; mais, aussi, celle de leur micro-entreprise des opérateurs Blanchez, père et fils, de Jacques de Goïti, de Jean Delbreil, des ouvreuses de la regrettée Irène Galmot et de jeunes belvésoises qui étaient là pour surveiller les turbulences juvéniles de "galopins", à peine plus jeunes qu'elles et devaient imposer l'extinction des cigarettes.

Heureuse époque cinématographique où les films étaient précédés de courts-métrages qui étaient souvent d'excellents documentaires.

L'épopée Eutrope a, aussi, été celle d'animations diverses à l'entracte, de soirée-débat pour la FPA, de lieu de remise des prix scolaires, de séances théâtrales et même de prospections militaires lors de la Guerre d'Algérie.

 

Le Rex a été le site de la petite histoire de Belvès.

 

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Après avoir confié le Rex à d'autres mains, Jean Eutrope devint V.R.P. pour une firme de collants féminins mais conserva son enracinement belvésois.

 

Jean Eutrope, Agenais par sa naissance, a toujours été un passionné de rugby. Il managea pendant bien des années, l'école de rugby des Sangliers. Pendant 30 ans, il fut, par ailleurs, le pilier du tennis belvésois.

 

Mercredi 28 mars, à 10 heures, lors d'une sobre cérémonie d'adieu, nous lui rendrons hommage au Funérarium de Belvès. Nous entourerons Denise, son épouse, Jacques, son fils, il maintient la tradition rugbystique familiale, et la famille endeuillée.  

 

 

 

 

 

 



26/03/2018
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