Terres de Nauze

Pélerinage patrimonial autour d'une cheminée.

 

 

 

Devant la cheminée.jpg

 

Photo © Bruno Marty

  

Ce mercredi 9 janvier, les amis de Terres-de-Nauze qui ont souhaité participer à la rencontre annuelle des blogueurs, se sont rendus à la Croix d'Empéoute pour partager un déjeuner typiquement du terroir, mique au petit-salé.

Les plus audacieux sont allés au pied de la cheminée d'aération du Souterrain de Latrape, dit Tunnel du Got.

Cette cheminée n'est nullement un vestige, comme certains pourraient le supposer, mais un conduit d'aération toujours entretenu pour la ventilation de l'ouvrage. Ce tunnel, du temps de l'ère de la traction vapeur, en comptait quatre. Il n'en reste plus que deux de nos jours. Il y a une cinquantaine d'années que les impressionnantes locomotives à vapeur n'empruntent plus ce vénérable tunnel inauguré en août 1863. La traction thermique contemporaine n'a rien à voir avec l'enfumage d'antan

 

Cette cheminée qui se dégage à 2,50 mètres du sol, ne manque ni de fière allure ni d'élégance. Pour bien l'apprécier, mieux vaut aller l'admirer quand l'entretien des abords vient d'être fait car, là, les jeunes pousses de robiniers, encerclent l'ouvrage. Les robiniers sont des arbres appelés à tort des acacias. Ils protègent leur croissance avec leurs épines.  

 

Le "premier" robinier aurait été planté en France, en 1601 ou 1602, par Jean Robin.

Le robinier faux-acacia, ou Robinia pseudoacacia, appelé communément, à tort, "acacia", est une espèce d'arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses de la sous-famille des Viciaceae).
Originaire de la région des Appalaches, à l’est de l’Amérique du Nord, il fut introduit en France par Jean Robin (arboriste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII, directeur du jardin des apothicaires ) qui aurait reçu des graines de son ami John Tradescant the elder. 
(source : lieuxsacres)

 

La trappe d'accès pour descente de la cheminée.jpg

 

Pour d'évidentes raisons de sécurité, cette cheminée est recouverte d'une coiffe métallique. 

 

Suivons Raymond Rochais, spécialiste des ouvrages d'art du domaine ferroviaire, aujourd'hui retraité, dans sa dernière inspection du Souterrain de Latrape

 

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Un moment d'émotion pour Raymond, ce jour de mai 2009, il allait pour la dernière fois rendre une visite à un vieil ami, le Souterrain de Latrape.

 

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Raymond, là, était l'homme de l'antre de la Terre.

 

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Il découvrait, une ultime fois, quasi-religieusement, la source du tunnel, source semi-artificielle de la Nauze.

 

 

Conduit de la cheminée.jpg

 

 

 

Là, Raymond me fit voir le conduit de la cheminée d'aération de la Croix d'Empéoute. Cette cheminée, d'environ 35 mètres, a servi pendant les travaux de génie civil du souterrain et, ensuite, pour la visibilité et l'hygiène dans le tunnel. Il n'est pas inintéressant de rappeler que lors de cette réalisation, elle fut décidée pour éviter une rampe trop dure, on a percé, sous ce relief collinaire des Verses, le plus long tunnel [1850 mètres] de Paris aux Pyrénées. La succession des tunnels artificiels et semi-artificiels, tranchée couverte ou découverte de  4 Km, mise en service en 1900,  de Paris-gare d'Orsay à Paris-Austerlitz, aussi extraordinaire qu'elle ait pu être, n'était pas de même nature. .

Ce chantier difficile coûta la vie à quatre mineurs et à leur bête de somme.

Cette cheminée servit donc pour accéder à la galerie souterraine lors de son percement. Les bêtes de somme étaient envoyées à leur dur labeur au moyen d'un treuil. On peut imaginer leur effroi pendant ces manœuvres. Il demeure permis de penser que les brefs apaisements qu'on leur prodiguait, tant au départ qu'à l'arrivée, étaient complétés de généreux coups de bâtons pour parachever leur œuvre. Malheureuses créatures qui ont tant donné par leur travail avec pour paiement... la seule ingratitude humaine !  Qui, à l'époque, pouvait s'en soucier !

 

 Bruno Marty est l'auteur de la photo de tête. Toutes les autres sont des images 2009 de mes archives personnelles. Pierre Fabre 

 

 

 

Je voudrais terminer cette page en réitérant, près de 10 ans après ma découverte souterraine, tous mes remerciements à Raymond Rochais, pour m'avoir autorisé à le suivre dans son ultime inspection patrimoniale et, ce faisant, me permettait bien tardivement de concrétiser un rêve d'enfance : pénétrer dans ce fascinant tunnel.

 

Bien entendu, les emprises ferroviaires, a fortiori les tunnels,  pour des raisons de sécurité compréhensibles par tous, sont rigoureusement inaccessibles au public.

 

 

Question pour le lectorat. Vous paraît-il souhaitable, cohérent et pertinent d'en savoir plus sur la mission "obscure et souterraine" de ces hommes qui veillent à la pérennité de ces ouvrages d'art et assument leur sécurité.. La fenêtre commentaire est à votre disposition. 



17/01/2019
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