Terres de Nauze

Le Drapier retrouve sa source et sa fontaine.

 

 

MONPLAISANT 

 

 

Un drapier est une personne dont l'activité est de fabriquer des draps et de les vendre. Au Moyen Âge, cette profession était exercée, entre autres, par de riches corps de marchands. Ceux-ci organisaient la production du tissu en contrôlant plus ou moins toute la filière de production textile. 

Le drap, étoffe résistante de laine, pure ou mêlée à d'autres matières propres à l'ourdissage, dont les fibres sont feutrées, foulage, et le tissu est lainé. 

On imagine difficilement de riches drapiers blottis là, en bordure de Nauze, au Moyen Âge, d'autant plus que la maison du Drapier semble bien remonter, seulement, au XVIIIème siècle.

On peut cependant imaginer que le premier occupant de cette demeure était dans le commerce du drap. Au XIXème, Garrigue, le maître des lieux, était tonnelier. Il faut se rappeler que les collines environnantes étaient des vignes. Au Bloy, on trouvait encore, il y a 50 ans, des pousses qui avaient résisté au phylloxéra. Ce fléau ruina les vignerons et précipita l'exode rural massif de nos campagnes.   

 

Eugénie Garrigue fut la figure qui marqua le Drapier au XXème siècle. Pour sa famille et ses voisins, Eugénie, c'était notre Ninie. Eugénie a-telle hérité du prénom de l'impératrice... je ne saurais le dire. Cette personne adorable, effacée, modeste, a consacré bien des années à remplacer, avec abnégation, sa jeune sœur, emportée par une redoutable maladie contagieuse, pour éduquer Pierre -dit Pierrot-, son neveu.  

 

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Vue d'ensemble de la source et de la fontaine du Drapier. Ici, jusqu'aux premiers jours de mai, le roncier régnait en souverain et les yeux humains ne pouvaient apercevoir la source, elle jaillit au bord de la route, et la fontaine. Le conduit de celle-ci était bouché et elle était parfaitement recouverte par la végétation luxuriante. 

Photo © Bruno Marty

 

 

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La source, modeste, certes, surgit à quelques mètres de l'assiette de la route départementale 710.

Photos © Bruno Marty

 

 

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La source, parfaitement libre, s'écoule vers la Nauze en empruntant un petit ruisselet.

Photos © Bruno Marty

 

 

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Aujourd'hui, un petit barrage de pierre permet à l'eau d'obtenir un niveau favorisant son écoulement dans le conduit qui rejoint la fontaine.

Photo © Bruno Marty

 

 

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La source  s'échappe néanmoins par un petit filet d'eau sous la grosse pierre.

Photos © Bruno Marty

 

 

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Ce modeste ruisselet  recherche son itinéraire pour rejoindre la Nauze.

Photos © Bruno Marty

 

 

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La fontaine de Ninie. Nous l'appelions ainsi, bien que cette fontaine, a priori, n'était pas à elle. La source appartenait à Paul Junières, un homme fort généreux qui était revenu profondément mutilé de la Guerre de 14/18. Paul, localement on disait "le" Paul de Gasparou, ne s'est jamais excessivement soucié des limites de sa propriété. Ce brave homme n'avait, peut-être, jamais entendu parler de Proudhon ! Il aurait trouvé indécent de boucler l'accès de la fontaine. La multiplication des panneaux "propriété privée, défense d'entrer" n'était pas dans la symphonie de l'époque ; heureux temps !  Ninie, la brave Ninie, en assumait l'entretien et veillait à ce qu'il y ait toujours un verre disponible pour les promeneurs et les marcheurs qui, lors des périodes de chaleur, en usaient pour se désaltérer.

Photos © Bruno Marty

 

 

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Le bâtisseur a voulu ornementer son ouvrage d'une rosace qui, éventuellement, pourrait représenter le soleil.

Photos © Bruno Marty

 

 

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Avouez qu'il aurait été dommage d'oublier cet ouvrage sous un envahissement de ronces ! 

Photo © Bruno Marty

 

 

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Le trop-plein de la fontaine alimente la retenue d'eau qui s'inscrit entre elle et la Nauze. 

Photo © Bruno Marty

 

 

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Non, on n'est pas en Amazonie, ni au Vietnam mais bien au Drapier à 400 mètres de Fongauffier.

Photo © Bruno Marty

 

 

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La confluence du ruisseau du Drapier et de la Nauze nous plonge dans un décor aquatique où la verdure s'impose.

Photo © Bruno Marty

 

 

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Eh oui, la Nauze a absorbé le petit ruisseau. À 4 Km de là, le même sort l'attend quand la Dordogne emportera sa vassale. La nature serait-elle contaminée par la maladie sociétale des humains qui fait que les grands veulent toujours absorber les petits !

 

 

Ce petit reportage est dédié, post-mortem, à Paul Junières et à Eugénie Garrigue. Nous le devons à la permissivité de Gérard Mazet, l'actuel propriétaire de cette belle source. Il a spontanément autorisé le débroussaillage pour sa redécouverte.

Nous le remercions chaleureusement pour son accord.

 

Demain, l'intrigue géologique du Drapier



25/05/2019
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