Terres de Nauze

L'échappée printanière des moulins.

 

Non, ce blog est toujours en panne, au moins jusqu'à ce mercredi 6 juin. C'est grâce à l'hospitalité de Bruno Marty qui, avant de filer, en cours de semaine, vers la Polynésie, a permis la mise en place de cette page spéciale.

 

 

 

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Groupe de marcheur à Sagelat - Blog.jpg

 

 

Avant le départ de l'échappée des moulins.

Photo © Bruno Marty

 

 

 

Échappée des moulins.

 

Ce matin du samedi 2 juin s'est présenté sous les meilleurs auspices. Il faisait bon, le soleil se préparait à activer cette journée de Prairial [période qui boucle le printemps et que Philippe Nazaire Fabre, le poète dantonnien, avait pris pour illustrer les fenaisons] et le mini-groupe qui partit vers la Pique, bien après la pique du jour, a pu constater que les herbages étaient prêts à être coupés.

Cette promenade de juin, sans être un échec des plus cinglants, n'a pas vraiment impacté car elle était concurrencée par des promenades gourmandes et, surtout, parce que la semaine en amont n'a point favorisé les inscriptions. Un modeste hendécagone d'amis de la nature, des moulins et de la Nauze, a donc cheminé sur les voies communales et sentes latérales à la route départementale qui, sur la rive droite de la Nauze, se glissent dans cette bucolique vallée à l'écart des flux routiers.

 

 

Le départ. Cette promenade fut l'occasion d'avoir un regard sur ce site plein de charme, au pied de l'église presque millénaire de Sagelat. Cet édifice s'est discrètement imposé sur le socle d'une voie gallo-romaine qui a vu passer des pèlerins filant rejoindre les routes de St Jacques. Cette ancienne voie, hélas,  s'est fortement dégradée, au cours du siècle que nous venons de clore. On ne peut que constater  diverses altérations de cette très ancienne voie. Elle est irrégulièrement occupée par des propriétaires adjacents. C'est une pratique, hélas, courante dans nos campagnes. Certains propriétaires riverains sont tentés d'assembler leur patrimoine, en oubliant que des liens parfois multiséculaires traversent leurs propriétés.  On trouve même un segment fermé et cadenassé. À certains endroits, l'assiette du chemin rural a glissé ; à d'autres, faute d'un entretien minimum et, aussi, à cause d'une certaine défection piétonne, au cours du XXème siècle,  son itinéraire n'est plus décelable.

Les promeneurs,  certes, ont regretté de devoir leur progression acquise avec quelques contorsions, dans les ouvertures des barrières ; mais, ils ont beaucoup apprécié l'entretien du segment qui, de Lastours au bas de Pesset, conserve un côté bucolique avec des empreintes de magnifiques bordures où des murs de pierre sèche attestent le savoir-faire de nos ancêtres. 

 

 

La première escale fut au moulin de la Pique. Là, dans ce décor où le néo-classicisme donne une note originale à ce lieu chargé d'une histoire locale qui n'a pas toujours été simple, les promeneurs ont apprécié le calme de ce site où les ondes sont les souveraines de ce site qui fut une meunerie agréablement transformée en centre d'accueil, largement acquis aux touristes européens, avec une nette prédominance néerlandaise.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que La Pique a longuement accueilli deux hôtes illustres. Le musicien Louis Aubert, il décéda, il y a tout juste 50 ans, et le majoral Monestier ont une plaque rappelant leur attachement à cette imposante demeure cossue.

 

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Jennifer et Laurent : un partenariat pédagogique et patrimonial. Photo Pierre Fabre. 

 

 

La Pique est un site partenaire de la Filature du Moulin du Cros. Cette coopération a permis à Jennifer, étudiante qui séjourne à Belvès et prépare un mémoire patrimonial en travaillant un semestre à la filature,  d'avoir un sympathique échange avec Laurent. Ce dernier était l'hôte d'accueil de La Pique. Laurent qui remplaçait Tim Steen, le maître de céans, a présenté La Pique et son écluse, toujours en service, qui, depuis l'intérieur de la bâtisse, permet de réguler le niveau du bief.

 

Le Moulin du pont. Avant de se retrouver pour le pique-nique, c'est au Moulin du Pont que les promeneurs ont pris une pose pédagogique grâce à Michel Grenier qui a bien voulu, d'une part, accueillir les marcheurs, mais, aussi, il s'est livré à un intéressant exposé sur le moulin natal d'Huguette, son épouse, que je salue chaleureusement. Depuis 1911, ce moulin est successivement devenu un logis ouvrier, puis un lieu de retraite et, enfin, une merveilleuse résidence secondaire. Là, le petit groupe a appris ou plutôt réappris que nos pierres, nos vieilles pierres, sont les passeuses de mémoire de notre histoire. La pierre du moulin incendié a été acheminée à Fongauffier, pour construire l'ajout de la teinturerie du Moulin du Cros. Toute une histoire, de la toute petite micro histoire ! Elle est cependant un regard patrimonial sur ce legs qui, en son temps, a certainement dû émouvoir la famille meunière du Moulin du Pont.

Jennifer,  aussi discrète que séduisante, a apporté, lors de cette escale, une précision concernant la Couze, rivière "concurrente" à notre Nauze. Ce très joli cours d'eau, qui arrose le pied du superbe village de Montferrand et de Beaumont, écoule une eau qualitativement neutre qui permet d'élaborer du papier d'une excellente qualité. C'est pourquoi notre Nauze -tout comme son autre voisine, la Lémance- était beaucoup moins "papetière" que sa voisine, la Couze. Le passé papetier de la Nauze était cependant, encore parfaitement visible à la Lenotte où le bâtiment perpendiculaire à la Nauze attestait encore ce passé, il y a fort peu de temps.

 

Rouchy, lieu de moulin à vent. Après le pique-nique, la promenade s'est dirigée vers Rouchy où un pacifiste meunier, au   XIXème siècle, condamné à mort pour avoir refusé d'accompagner l'ire conquérante de l'assassin de notre République, après un exil décennal en Hollande, rapporta le savoir-faire éolien sur ce relief sagelacois. Il ne reste plus, à Rouchy, que quelques reliefs de meules.

Notons l'obscure étymologie de moulin, de "mola", meule, du bas latin "molinum", réunit les meules de foin aux pièces maîtresses des ouvrages meuniers.

 

Une séparation au Moulin du Cros. Fatigués par la chaleur, les marcheurs n'ont pas souhaité aller jusqu'à Écoute s'Il-Pleut ; et, ils ont sollicité de Clarianne, la charmante éveilleuse et coordonnatrice du Centre d'interprétation de la laine, l'autre fée de cette promenade printanière, un regard sur ce lieu quasiment mythique de la Nauze, où un passé de meuniers, de filateurs, de cardeurs signe l'active et laborieuse vie de ce site qui peut être l'objet de notre fierté "nauzéroise".

 

 

Revers ou fiasco. Eu égard à la petite dizaine de marcheurs qui ont estimé que la Promenade "moulins" méritait une attention et une présence, on peut dire que c'est un effondrement par rapport à la précédente qui a réuni environ trois fois plus de participants. Il faut, néanmoins, souligner que la météo en amont, a probablement  été peu incitative. Soulignons que, parmi les audacieuses venues, on comptait deux Pétrocoriennes et deux Buguoises.

Faut-il tenter de reprendre la thématique, au cours de l'été, en sachant que cette promenade pédestre dépasse de peu la dizaine de kilomètres. Là, comme le disait, jadis, Petit Lion, c'est une autre histoire.

La rubrique "commentaire" de ce blog est là, pour vous permettre de vous épancher sur ce sujet, pour dire qu'il faudrait éventuellement tenter à nouveau ou, tout simplement, admettre qu'il vaut mieux l'inscrire dans le grand livre des échecs et des vœux 



03/06/2018
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