Terres de Nauze

Ils ont été reconnus, volet n° 5

 

 

 

 

Mariage.jpg

 

Ces mariés, du 28 août 1952, ont spontanément été reconnus par Alain Giffault et Michel Ribette.

 

Yvan Guludec naquit le 7/11/1925 au Bugue. Il décéda à Sarlat, le 1er septembre 1994. Yvette Chansard, son épouse, naquit à Fongauffier, au moulin de la Robertie, le 19/9/1929. C'est dans son moulin qu'elle eut un tragique et fatal accident qui l'emporta le 2/5/2005.

 

Les Guludec contractèrent mariage le 28/8/1952 à Sagelat. C'est Fernand Garrouty qui, à la fin de sa première mandature, il en effectua 5, reçut les consentements des époux

 

Depuis 1953, la généalogie se poursuit et trois nouvelles générations enrichissent l'arborescence de la famille meunière.

 

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Les auriez-vous reconnus ?

 

 

 

Les Carrière en 1952 au mariage d'Y Chansard.1.jpg
 

 

La famille Carrière, ci-dessus, intime des Chansard, invitée au mariage, aurait-elle été reconnue ? Je suppose que mon ami Alain Giffault aurait identifié autant ma tante Marcelle que mon oncle Yvan, ils étaient à l'époque, les instituteurs de Sagelat [à ce titre, ils ont tenté de m'apprendre à lire, écrire et calculer], ainsi que mes cousins. De gauche à droite, Michel, filleul de Gaston ChansardJack -dit Jacqui- et Christian. Christian naquit au Buisson, le 11 août 1941, il décéda, à Neuilly-sur-Seine, le 24 février 2019. Il repose à St Michel-sur-Orge, banlieue du Val d'Orge qu'il affectionnait. Cet inoubliable et brillant cousin qui, sa vie durant, était fasciné par les genévriers, a été très attaché aux lieux de son enfance sagelacoise.

 

Un peu en arrière-plan, on aperçoit, comme voulant se détacher de l'image familiale, Georges Malvy, alors jeune ouvrier boulanger à Fongauffier. On disait, sans la moindre connotation péjorative, le mitron, noble artisan qui, de ses mains, élaborait le pain qui, alors, héritage culturel oblige, avait une résonance bien plus forte qu'aujourd'hui.

 

Cette très belle image, a priori, a de fortes probabilités de provenir du studio Scherer le Bugue.   

 

 

 

 

Personne n'a pu les reconnaître.

 

Soulière épouse.jpg Ces deux personnages ne pouvaient laisser aucun souvenir de mémoire visuelle aux personnes qui ne sont pas nonagénaires ou  centenaires. Soulière.jpg

 

  

Marie-Aimée Petit, née le 25/5/1879 à La Robertie, cne de Sagelat et Henri Souillières né le 4/4/1873 au Coux. Ils contractèrent, le 19/4/1900, mariage à Sagelat. Marie-Aimée qui était couturière, avait alors 23 ans. Henri, son mari, avait donc 35 ans quand la Guerre de 14/18 commença. C'est lui qui fut le meunier fongauffiérain de la guerre jusqu'à son décès, le 2 décembre 1931. Marie-Aimée décéda au moulin, le 8 octobre 1955. Le dernier meunier fongauffiérain, gendre des Souillères, fut Jean -dit Gaston- Chansard qui naquit le 30 mars 1898 à Monplaisant. Il décéda dans son moulin, le 13 février 1973.

 

Les Souillères eurent donc une fille Marie-Madeleine qui naquit au moulin familial, le 23 juillet 1902. Elle décéda dans la demeure familiale, le 7 septembre 1995.

Le mariage de Marie-Madeleine et de Jean-Rey Chansard fut célébré le 12 avril 1926 à Sagelat.

 

Yvan Guludec naquit le 7/11/1925 au Bugue. Il décéda à Sarlat, le 1er septembre 1994. Yvette Chansard, son épouse, naquit à Fongauffier, au moulin de la Robertie, le 19/9/1929. C'est dans son moulin qu'elle décéda le 2/5/2005.

 

Les Guludec contractèrent mariage le 28/8/1952 à Sagelat. C'est Fernand Garrouty qui, à la fin de sa première mandature, il en effectua 5, reçut les consentements des époux

 

Depuis 1953, la généalogie se poursuit et trois nouvelles générations enrichissent l'arborescence de la famille meunière.  

 

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En prenant le risque d'être, une fois encore, taxé d'indécent égocentrique, qu'il me soit permis de grever ce flash-back de quelques petits souvenirs.  

Marie-Aimée, mais c'est bien loin, quand je passais lors de journées ensoleillées, au pied du moulin, je la vois, à l'ombre de la bâtisse, grand-mère toujours souriante, coiffée à l'ancienne, échangeant quelques mots avec les passants. Elle était là, un peu en gardienne du temps.

Gaston, sous un aspect plutôt bougon, mais avec des pointes d'humour fort fines,  parlait fort peu mais savait exactement ce qu'il disait. Au printemps 1963, je quittai le pays pour filer vers la vie active. À son questionnement "où vas-tu", je lui répondis que j'avais eu une proposition triangulaire de début de carrière à Crépy-en-Valois, Ermont-Eaubonne et… Paris. Par inconscience juvénile, j'avais choisi Paris et notre meunier me répondit qu'il avait des souvenirs précis de Crépy. Là, cet ancien combattant de la Guerre de 14, me parla de vieux souvenirs. La Grosse Bertha menaçait notre capitale.

Marie-Madeleine. Je n'ai appris son prénom authentique que le jour de sa sépulture. Pour nous, c'était Paulette du Moulin, n'allez pas y chercher une particule nobiliaire. C'était ainsi que nous, les paysans, localisons nos personnages. Paulette, mémoire vive du moulin, que je comptais longuement écouter pour me raconter la petite histoire locale, s'est échappée un peu trop tôt pour que je puisse engranger les grandes lignes de ses connaissances locales. Elle me raconta cependant la crue de 1900. Elle lui fut contée par ses parents. Cette crue s'inscrivait dans la grande peur de la crue millénaire de septembre 1812. Paulette me laisse un souvenir inoubliable.

Plus proche, bien plus proche, Yvan fut "le personnage" qui  impulsa une note différente au moulin, lieu de travail, presque un sanctuaire austère, où l'imagination fertile des enfants vagabondait.  Yvan apporta à cette demeure, un renouveau d'enjouement avec ses riches contacts intergénérationnels et la fascination qui le rendait proche des enfants et des jeunes. Yvan était un boute entrain convivial qui savait introduire des farces plaisantes. Il a été l'artisan festif de bien des manifestations, à Fongauffier, à Belvès, bien sûr, mais aussi il eut l'honneur d'être, en 1962, le créateur de feux d'artifice pour une artiste hors du commun, la dame d'exception des Milandes. Joséphine Baker, aujourd'hui, est pérennisée par l'allée qui va de l'école de Sagelat aux premiers hectomètres de la côte de Belvès. Yvan, par ailleurs, a tiré des feux d'artifices dans bien des villages, dont des amicales laïques.

 

Yvette, ô Yvette, que de souvenirs, tu nous laisses. De cet attachement à ton moulin natal à ton départ  accidentel, les images se suivent. Toujours affable et souriante sur le pas de ton moulin, tu nous racontais des souvenirs pris ça et là, sur la vie de cette génération qui est passée de la découverte de la T.S.F à l'Internet. Par ton commerce belvésois, tu connaissais pratiquement toutes les vieilles familles et bien de toutes "petites histoires".

Tu me confias le microtoponyme de ton pré, entre la Nauze et ton bief, "le pré de la ville"… allez donc savoir pourquoi ! Jadis, avant la numérotation cadastrale, toutes les parcelles étaient désignées par un microtoponyme, ceux-ci ont été perdus par les mémoires !

Parmi mes lointains souvenirs d'enfance, revient la préparation de ton mariage qui fut, sans doute, le mariage fongauffiérain du siècle. L'allée du Moulin, à l'époque superbe chemin blanc, était plantée tout du long, d'une double haie de genévriers fleuris avec un porche pour honorer les mariés.

Que c'est nostalgique, tout à la fois proche et loin, tout cela.

 

 

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Je manquerais à tous mes devoirs si je ne parlais pas de ces personnages qui étaient indispensables à la vie des moulins. Jadis, on les appelait "Valets de moulins", sans que la terminologie ait quoi que ce soit de réducteur ou de péjoratif.

Pierre Tisserand, pendant quelques années de jeunesse, à la fin des années 50, fut un de ceux-ci. Il habitait alors l'ancienne filature de Lavergne. Celle-ci était le moulin historique de la famille Chansard. Après ses servitudes militaires, il quitta le pays.

Le personnage fort attachant qui travailla au moulin pendant la dizaine d'années précédant la fermeture du moulin, était Paul Albenque. Paul, notre Paulo, bien qu'il porta un patronyme quercynois, venait de Lorraine quand il épousa Élise, une brodeuse belvésoise. Paulo, vaillant auxiliaire meunier, s'éreintait à porter des sacs qui pesaient bien plus que lui. Il fallait parfaitement maîtriser la notion du polygone de sustentation pour pouvoir tenir le choc. Paulo monta sur les planches avec la Troupe de l'Amicale laïque et ses compagnons de scène, comme tous ses concitoyens, furent profondément attristés et bouleversés par l'accident mortel qui le ravit, il y a tout juste 50 ans, quand le village balayait son image festive de la veille.   

 

 



11/10/2019
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