Terres de Nauze

Huit années sont passées.

 

SAGELAT

 

Si les puristes de la langue française ont su enrichir le vocabulaire de terminologies peu usitées, par exemple sexennat pour une période 6 ans, a priori, on n'a pas encore trouvé un substantif désignant une période de 8 ans.

On dira donc tout simplement que Michèle Bard, professeur des écoles à Sagelat a effectué dans la petite école rurale de cette commune de Sagelat une période de 8 ans.

 

Michèle Bard en juillet 2011.JPG

Quand elle va refermer son plumier sagelacois Michèle partira de ce vénérable lieu éducatif avec beaucoup de tristesse car elle pensera aux heures merveilleuses qu'elle a passées là avec des enfants qu'elle a accompagnés avec tout son désir formateur de donner un éveil, certes, mais plus encore, d'impulser bien des valeurs telles que la politesse, l'altruisme ou la droiture.

 

 

 

Michèle avec ses élèves a voulu contourner les vieilles habitudes pédagogiques qui entendent privilégier le masculin. Elle préconisa elle, il chante, elles, ils chantent… plutôt  que le sempiternel il, elle chante… Un merveilleux et beau message d'égalité entre les enfants... quel que soit le genre!

 

Chaque fois que je pénétrais dans cette classe où, jadis, on tenta de m'apprendre à lire, écrire et calculer je mesurais avec émerveillement le chemin parcouru par ces enseignantes qui évitaient de crier, détestaient le rudoiement et se sentaient coupables quand elles élevaient la voix. Elles prenaient les écoliers pour des êtres sensibles que l'on n'a, naturellement, pas le droit de corriger par des sévices quelconques, encore heureux, mais, aussi, de ne point heurter, blesser ou humilier par d'inadmissibles pressions psychologiques ou même, simplement, par de stupides quolibets mortifiants que d'aucuns, parfois, gardent toute leur vie.

Michèle, certainement, partira de Sagelat le cœur gros, un peu comme toute personne qui abandonne un poste où elle s'est investie. L'éclusier qui manœuvre sa retenue hydraulique pour la dernière fois, le facteur qui remet son dernier pli ont certainement le même pincement au cœur que l'agent circulation d'une gare qui donne son ultime signal de départ. Ce qui motive Michèle pour cette étape qui sera, probablement, la dernière de son parcours c'est qu'elle retrouvera en septembre plusieurs petites têtes qu'elle a enrichies de sa pédagogie à Sagelat.

 

Merci Michèle pour cette mission que nous ne saurons jamais chiffrer ou quantifier parce qu'elle n'est ni quantifiable ni chiffrable.



02/07/2018
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