Terres de Nauze

27/10. Divines surprises automnales

Quelque part 

dans

la République féerique

des sous-bois

 

 

 

 

Deux souvenirs d'une humble enfance paysanne.

 

J'étais en culottes courtes et j'avais 6 ans ou 7 ans, pas plus. Mon frère avait donc une dizaine d'années et nous partions à la cueillette des girolles en empruntant les sentiers qui nous amenaient à notre bosquet du Bos Rouge. Je n'ai aucune souvenance de l'importance de notre cueillette mais je garde très net, ce souvenir, qu'au bord du layon où nous passions, mon aîné demeura interdit devant deux superbes bolets. Ces fantaisies sylvestres n'étaient pas l'objet de notre recherche, nous nous limitions aux girolles et aux champignons blancs des prés, Tricholomes de la Saint-Georges.

Après une courte hésitation, mon aîné s'empara de ces deux cèpes et, devant mon effarement craintif, me dit : je crois que "le" Papa les ramasse. Pour nous, nos connaissances mycologiques étaient fort succinctes. Il ramena donc à la maison, ces deux bolets. Ils ont pris place dans la poêle, améliorant, ainsi, notre dîner.

___________ 

 

Ce souvenir-là, à peine plus récent, remonte, probablement, à 1953 ou à 1954. J'étais allé fort loin en vacances : chez ma grand-mère maternelle, à moins de 3 Km de chez moi. Chaque matin, je regardais si, au pied des genêts ou des grands chênes, je pouvais découvrir un cèpe ou deux que grand-mère préparait pour le déjeuner, si besoin en mélangeant le résultat d'une maigre cueillette à  des pommes de terre. Ce matin-là, quel ne fut mon émerveillement de découvrir un chapelet de superbes cèpes ! Il y en avait au moins une vingtaine.

Ce souvenir-là, je l'ai gravé dans mon esprit comme étant un des plus beaux moments de l'enfance. Les  enfants des villes, ou des familles à nos yeux privilégiées, ceux qui avaient droit à de vraies vacances, nous contaient leurs souvenirs de la mer, de la montagne, pour certains de colonies. Les plus humbles petits paysans, eux, collationnaient des souvenirs campagnards de cueillettes de cerises, de battages, de vendanges, de promenades pédestres dans les bois avec, comme cerise sur le gâteau, de mémorables recherches de cèpes, formatrices d'éveil du milieu naturel.

  

Grand-mère, gardienne du temple familial, depuis 53 ans, tu as quitté ta demeure natale mais, après plus d'un demi-siècle, tu restes l'éducatrice de bien des connaissances qu'il paraît essentiel de ne point oublier.

 

 

 

 

 

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Ne sont-ils pas beaux, ces triplés !

 

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Ne demandez jamais à un chercheur, ou à une chercheuse de cèpes, d'où viennent leurs trouvailles. Primo, il (elle) peut vous donner une réponse inexacte, tant il faut marcher pour trouver ces merveilleuses émergences du sous-bois ; secundo, parce que nous sommes assez près de l'ancienne Gascogne qui remonte jusqu'aux portes du Périgord, à Sauveterre-la-Lémance, et, comme vous le savez tous, les Gascons savent contourner la vérité.

 

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C'est toujours un ravissement.

 

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 Les couleurs de l'automne valent bien celles du printemps.

 

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Un autre joli trio

 

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 Un gracieux ballet sylvestre

 

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Photos, 26-10-2018, Pierre Fabre



27/10/2018
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