Terres de Nauze

Bon anniversaire René.

 

René Lafon et Coline.jpg

 

René et Coline, l'aînée de ses petites-filles.

 

Le 21 janvier, dans l'histoire, nous rappelle la fin atroce, en 1793, du dernier monarque de "droit divin" qui a régné sur la France. Même en n'ayant aucune affinité pour la monarchie, on ne peut que s'indigner que la société considérée comme civilisée, ait dû attendre 188 ans après cette décapitation pour, enfin, abroger la barbarie outrageuse au regard de la vie.

 

Plus proche de nous, ce n'est pas la grande histoire qui, 151 ans après la mort violente de Louis XVI, s'écrit dans la bonne ville de Douarnenez* mais dans ce port breton de la France occupée, qui à diverses occasions, a su donner le ton de réactivité citoyenne. À  3 h du matin : Gaby Cloarec guette un passage de nuage devant la lune, pour engager son Breiz Izel dans le chenal de sortie de Tréboul. Sa pinasse glisse doucement dans la nuit, poussée par le courant de marée descendante. À bord, trente passagers clandestins, le coeur serré. Au passage de la digue, un vieux marin requis pour assurer la surveillance du port, les aperçoit dans l'ombre. Il crie « Au voleur ». La sentinelle allemande ajuste ses jumelles : « C'est un rocher, tu as trop bu ! » Ces détails, parus dans notre édition du 4 décembre 1998, figurent dans les Clandestins de l'Iroise de René Pichavant, aux Éditions Morgane. [Source http://www.ouest-france.fr/bretagne/le-21-janvier-1944-le-breiz-izel-rejoint-langleterre-1874445]. Trente-six heures plus tard, le bateau arrive à Falmouth et débarque ses occupants : quatorze aviateurs, anglais, américains et canadiens et dix-sept Bretons désireux de rejoindre les Forces françaises libres.

 

Encore plus proche de nous, ce même 21 janvier 1944, sur le flanc oriental du coteau de Pessarni Andrée Passerieux-Lafon donne la vie à mon meilleur ami. René Lafon, depuis, a fait sa vie, loin de sa colline natale et, victime de l'exode rural, est parti apporter sa technicité dans l'industrie automobile, tout d'abord à Poissy, puis à Blanquefort et a établi son foyer sur la rive droite de la Garonne à Bassens, mais demeure indéfectiblement attaché à notre terroir. René a fait face à bien des épreuves et, depuis quelques mois, est apostrophé par le mal chafouin, à l'envi, qui n'épargne pas Élisabeth son épouse. Pour tous nos amis de ce blog qui connaissent et apprécient René, je lui adresse tous nos vœux d'anniversaire.

 

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* "Élue" conseillère municipale en 1925 à Douarnenez, à une époque où les femmes sont dépourvues de droits politiques, le cas de Joséphine Pencalet reste inédit en Bretagne [et au delà] jusqu’à l’obtention du droit de vote par les femmes, le 21 avril 1944. L’histoire de cette ouvrière, pionnière de la cause féminine, qui mit à mal le patronat de droit divin, demeure, hélas, méconnue en Bretagne comme en France. Bien entendu, "l'insupportable élection", acquise avec 1 283 voix, de Joséphine Pencalet, quatrième sur la liste de Le Flanchec, saluée par la liesse populaire incluant les femmes et les enfants de marins, fut invalidée. La loi conservatrice avait gagné face à l'aspiration populaire.



21/01/2017
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